‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 96 sur 314 · II · texte numérisé non relu

II

i6?. LA MÈRE CONFIDENTE,

Il m'a toujours parlé de même.

m"" augànte.

Ne nous interrompez point, ma nièce. ( a Dorante) L'amour seul vous fait agir, soit; mais vous êtes, m'a - t- on dit , un honnête homme, et un honnête homme aime autrement qu'un autre. Le plus violent amour ne lui conseille jamais rien qui puisse tourner à la honte de sa maîtresse. Vous voyez; reconnaissez-vous à ce que je dis là, vous qui voulez engager Angélique à une démarche aussi déshonorante.

Alf&ÉLIQUE, àpart.

Ceci commence mal.

«"' ARGAITTE.

Pouvez-vous être content de votre cœur ? Et supposons qu*elle vous aime , le méritez - vous ? Je ne viens point ici pour me fâcher, et vous avez la liberté de me répondre ; mais n'est - elle pas bien à plaindre d*aimer un homme aussi peu jaloux de sa gloire, aussi peu touché des intérêts de sa vertu, qui ne se sert de sa tendresse que pour égarer sa raison, que pour lui fermer les yeux sur tout ce qu'elle se doit à elle - même , que pour l'étourdir sur l'affront irréparable qu'elle va se faire ? Appelez - vous cela de l'amour ; et la puniriez -vous plus cruellement du sien, si vous étiez son ennemi mortel?

DOUANTE.

Madame, permettez - mot de vous le dire, je ne

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