SCÈNE VI
ROSIMOND, FRONTIN, MARTON.
ROSIMOND, k FroDtiii.
Ah ! tu es ici toi , et avec Marton ; je ne te plains pas. Que te disait-il, Marton ? U te parlait d'amour, je gage , eh ! n'est-ce pas ? Souvent ces coquins-là sont plus heureux que d'honnêtes gens. Je n'ai rien vu de si joli que vous, Marton *; il n'y a point de femme à la cour qui ne s'accommodât de cette figure-là.
' Je n'ai rien vu de si joU que votu , Marton, Bon trait de caractère. Ronmond paraît , et ton premier mot e«t une impertinence, on da noini oae Ugèret^ bien coupable \ sHl aime sincèrement sa ttattrcisey doit-il débuter par «n oonter â k snivante ?
i56 LE PETIT-HAITRE COIIRIGÉ9
FROHTIW.
Je m^en accommoderais encore mieux qa'aacuno femme de la cour.
ROSIHOND.
Dis^noi, Marton, que fait -on dans ce pays- ci ? Y a-t-ildn jeu, de la chasse, des amours? Ah! le sot pays, ce me semble ! A propos, ce bonhomme qu'on attend de sa terre pour finir notre mariage , cet oncle anriye-t41 bientôt ? Que ne se passe-t-on de lui ? Ne peuton se marier sans que ce parent assiste à la cérémonie ?
Que voulez-vous ? ces messieurs-là , sous prétexte qu'on est leur nièce et leur héritière, s'imaginent qu'on doit faire quelque attention à eux. Mais je ne songe pas que ma maîtresse m'attend.
ROSIMOND.
Tu t'en vas , Martoo ? Tu es bien pressée. A propo» de ta maîtresse , tu ne m'en parles pas ; j'avais dit à Frontin de demander si on pouvait la voir.
FRONTIN
Je l'ai vue aussi , monsieur ; Marton était présente, et j'allais vous rendre réponse.
MARTOir.
Et moi je vais la rejoindre.
ROSIMOND.
Attends , Marton ; j'aime à te voir ; tu es la fille du monde la plus amusante.
Je vous trouve très-curieux à voir ans» , monsieur; mais je n'ai pas le temps de rester.