‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 103 sur 333 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

ROSIMOND.

Très-curieux ! Comment donc ! mais elle a des expressions ! Ta maîtresse a-t-elle autant d'esprit que toi, Marton? De quelle humeur est-elle?

Oh ! d'une humeur peu piquante , assez insipide ; elle n'est que raisonnable.

ROSIHOND.

Insipide et raisonnable ? 11 est, parbleu, plaisant! Tu n'es pas faite pour la province. Quand la verraije , Frontin ?

FROUTIN.

Monsieur, comme je demandais si vous pouviez la voir dans une heure , elle m'a dit qu'elle n'en savait rien.

ROSIMOITD.

Le butor !

frouti».

Point du tout, je vous rends fidèlement la réponse.

ROSIMOHD.

Tu rêves! il n'y a pas de sens à cela. Bfarton , tu y étais, il ne sait ce qu'il dit; qu'a-t-elle répondu?

MARTOm.

Précisément ce qu'il vous rapporte, monsieur, qu'elle n'en savait rien.

ROSIMOND.

Ma foi , ni moi non plus.

Je n'en suis pas mieux instruite que vous. Adieu , monsieur.

i58 LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,

Un moment y Marton; j'avais qnelqne chose à te dire. Frbntm, m'est-ii venn des lettres ?

FRONTIW.

A propos de lettres, oui, monsieur, en voilà une qm est arrivée de quatre lieues d'ici par un exprès.

ROSIMOHD ovTreetritiput, ealûuit.

Donne Ah ! ah ! ah ! Cest de ma folle de comtesse Hum hum

HARTOK.

Monsieur, ne vous trompez-vous pas? Auriez-vous quelque chose à me dire? Voyez, car il faut que je m'en aille.

ROSIMOND, Umjoan liaaot.

Hum hum Je sois à tm, Marton; laisse-moi

achever.

M ARTOH, kfut ATrantia.

C'est appareimnent là une lettre de commerce ?

FRONTIlî.

Oui, quelque missive de passage.

ROSIMOSD, aprteaTOtrln.

Vous êtes une étourdie , comtesse. Que dites-vous là, vous autres?

HARTON

Nous disons, monsieur, que c'est quelque jolie femme qui vous écrit par amourette.

ROSIHOVD.

Doucement , Harton ; il ne faut pas dire cela en ce pays-ci, tout serait perdu.

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