‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 108 sur 333 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

HORTENSE, MARTON, FRONTIN

HORTENSE

Il me semble avoir vu ton maître ici.

■ Je me retire par respect. Ce respect ironique , qai décide Ronmond â te retirer poor se dispenser d'exprimer les sentimens tendres qo^il a dans le cœar , est le comble de Tinsolence. L'amour est Tivement olTenaë , mais c'est l'amonr qui se yengera.

i64 LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,

FRONTIN

Oui, madame, U vient de sortir par respect pour vos volontés.

H0RTE5SE.

Comment!

C'est sans doute à cause de votre réponse de tantôt ; vous ne saviez pas quand vous pourriez le voir.

FRONTIN

Et il ne veut pas prendre sur lui de décider la chose.

HORTENSE

Eh I bien , je la décide , moi ; va lui dire que je le prie de revenir, que j*ai à lui parler.

FRONTIN

J'y cours , madame , et je lui ferai grand plaisir ; car il vous aime de tout son cœur. Il ne vous en dira peut-être rien, à cause de sa dignité de joli homme. Il y a des règles là-dessus ; c'est une faiblesse ; excusez-la, madame \ je sais son secret, je vous le confie pour son bien, et dès qu'il vous l'aura dit lui-même, oh ! ce sera bien le plus aimable homme du monde. Pardon, madame , de la liberté que je prends ; mais Marton , avec qui je voudrais bien faire une fin , sera aussi mon excuse. Marton, prends nos intérêts en main; empêche madame de nous haïr, car dans le fond ce serait dommage; à une bagatelle près, en vérité, nous méritons son estime.

HORTENSE, riant.

Frontin aime son maître , et cela est louable.

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