ACTE I, SCÈNE IX. i
C'est de moi qu'il tient tout le bon sens qu'il vous montre. ( FiomiD lun. )
HORTENSE, MARTON
HOHTENSE.
Il t'a donc paru que ma réponse a piqué Rosimond ?
MABTOK.
Je l'en ai vu déconcertii , quoiqu'il ait feint d'en badiner, et vous voyez bien que c'est de pur dépit qu'il se retire.
HORTENSE
Je le renvoie chercher, et cette démarche-li le flattera peut-être; mais elle ne le flattera pas longtemps. Ce que j'ai à lui dire rabattra de sa pr&omption. Cependant, Marton, il y a des iitomens où je suis toute prèle de laisser là Rosimond avec ses ridiculit^s ' , et d'abandonner le projet de le corriger. Je sens que je m'y intéresse trop, que le cœur s'en mêle ety prend trop de part; je ne le corrigerai peul-<3tre pas, et j'ai peur d'en être fâchée.
Eh! courage, madame, vous réussirez, vous disje; voilà déjà d'assez bons petits raouvemens qui lui prennent; je crois qu'il est bien embarrassé. J'ai mis
'Avec lei ridictUilei. Lu mot Je ndtculilè n'atluirt poinl Je
i66 LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,
le valet à la raison, je Fai réduit; vous réduirez le maître. Il fera un peu plus de façon ; il disputera le terrain ; il faudra le pousser à bout. Mais c'est à tos genoux que je l'attends \ je Yj vois d'avance, il faudra qu'il y vienne. Continuez ; ce n'est pas avec des yeux comme les vôtres qu'on manque son coup ^ vous le verrez.
HORTEVSB.
Je le souhaite. Mais tu as parlé au valet; Rosimond n'a-t-il point quelque inclination à Paris ?
Nulle ; il n'y a encore été amoureux que de la réputation d'être aimable.
H0RTE9SE.
Et moi , Marton, dois-je en croire Frontin? Seraitil vrai que son maître eût de la disposition à m'aimer ?
Nous le tenons , madame , et mes observations sont
justes.
BORTENSE.
Cependant, Marton , il ne vient point.
Oh ! mais prétendez-vous qu'il soit tout d'un coup comme un autre ? Le bel air ne veut pas qu'il accoure ; il vient , mais négligemment et à son aise.
HORTENSE
11 serait bien impertinent qu'il y manquât.
Voilà toujours votre père à sa place ; il a peut-«tre à vous parler; je vous laisse.