ACTE II, SCÈNE V. u)i
La voilà.
ROSIM019D.
Tu ne Tas montrée à personne apparemment?
Il n'y a qu'Hortense et son père qui l'aient vue , et je ne là leur ai montrée que pour savoir à qui elle appartenait.
ROSIMOND.
Eh ! ne pouviez-vous pas la voir vous-même ?
Non, monsieur, je ne sais pas lire; et d'ailleurs, vous en aviez gardé l'enveloppe.
ROSIMOND.
Et ce sont eux qui vous ont dit que la lettre m'appartenait? Ils l'ont donc lue ?
Vraiment oui , monsieur -, ils n'ont pu juger qu'elle était à vous que sur la lecture qu'ils en ont faite.
ROSIMOND.
Hortense présente ?
Sans doute. Est-ce que cette lettre est de quelque conséquence ? Y a-t-il quelque chose qui les concerne ?
ROSIMOND.
Il vaudrait mieux qu'ils ne l'eussent point vue.
J'en suis fâchée.
ROSIMONDb
Cela est désagréable. Eh! qu'en a dit Hortense ?
igs LE PEtlt^MAITHÈ CÔRftIGÉ,
MARTDN.
Rien , monsieur ^ elle n'a pas paru y faire attention ; mais comme on m*a chargée de vous la rendre , youlez-vous que je dise que vous ne Fayez pas reconnue ?
ROSIMOND.
L'offre est obligeante , et je l'accepte j j'allais vous en prier.
Oh ! de tout mon cœur, je vous le promets , quoique ce soit une précaution assez inutile , comme je vous dis ^ car ma maîtresse ne vous en parlera seulement pas.
ROSIMOND.
Tant mieux, tant mieux; je ne m'attendais pas à tant de modération ; serait-ce que notre mariage lui déplaît ?
Non , cela ne va pas jusque-là; mais elle ne s'y intéresse pas extrêmement non plus.
ROSIMOIÏD.
Vous l'a-t-elle dit , Marton ?
MARTOn.
Oh ! plus de dix fois , monsieur ; et vous le savez bien , elle vous l'a dit à vous-même.
ROSIMOUD.
Point du tout ; elle a , ce me semble , parlé de différer et non pas de rompre ; mais que ne s'est -elle expliquée ? Je ne me serais pas avisé de soupçonner