‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 136 sur 333 · ACTE II, SCÈNE VIII. aoS · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII. aoS

DORIKÈIfE, àRosimond.

Au pis - aller ! dit - elle , au pis - aller ! Avançons, marquis.

ROSIMOND.

Quel est donc votre dessein ?

DORIKÈrCE.

Laissez-moi faire, je ne gâterai rien.

HORTENSEy ADorimèDe.

Quoi ! vous êtes là , madame !

DORIKENE.

Eh ! oui , madame ^ j'ai eu le plaisir de vous entendre ; vous peignez si bien ! Qui est - ce qui me prendrait pour un pis-aller ? Cela me ressemble tout-à-fait pourtant. Je vous apprends en revanche que vous nous tirez d'un grand embarras. Rosimond vous est indifférent, et c'est fort bien fait ; il n'osait vous le dire , mais je parle pour lui -, son pis - aller hd est cher, et tout cela vient à merveille.

ROSIMOND, riant.

Comment donc ! ypoiàs parlez pour moi ? Mais point du tout , comtesse ! Finissons , je vous prie ; je ne re* connais point là mes sentimens.

DORIHÈNE.

Taisez-vous , marquis ; votre politesse ici consiste à garder le silence ; imaginez- vous que vous n'y êtes point.

ROSlMOND.

Je vous dis qu'il n'est pas question de politesse , et que ce n'est pas là ce que je pense.

2o6 LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,

DORIMÈNE

Il bat la campagne. Ne faat-il pas venir à dire ce qui est vrai ? Votre cœur et le mien sont engagés; vous m'aimez.

ROSIMOMD, riant.

Eh ! qui est-ce qui ne vous aimerait pas ?

DORIMÈNE

L'occasion se présente de le dire, et je le dis \ il faut bien que madame le sache.

ROSIMOIfD.

Oui! ceci est sérieux.

DORIMÈNE

Elle s*en doutait; je ne lui apprends presque rien.

ROSIMOND.

Âh ! très-peu de chose !

DORIKÈNE.

Vous avez beau m'interrompre, on ne vous écoute pas. Voudriez - vous Tépouser, Hortense, prévenu d'une autre passion ? Non, madame, il faut qu'un mari vous aime; votre cœur ne s'en passerait pas; ce soat vos usages, ils sont fort bons ; n'en sortez point, et travaillons de concert à rompre votre mariage.

ROSIMOND.

Parbleu! mesdames, je vous traverserai donc; car je vais travailler à le conclure.

fiORTENSE.

Eh! non, monsieur; vous ne vous ferez point ce tort-là, ni à moi non plus.

DORANTE

En effet, marquis, à quoi bon feindj^? Je sais ce

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