‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 152 sur 333 · ACTE III, SCÈNE I. aar · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I. aar

sent si rare ; mais il n avait point de raison ; je pouvais lui en donner; il n'y avait peat-étre que moi qui en fusse capable , et j'ai laisse partir cet honnête homme sans lui rendre ce service-là , qui nous aurait tant accommodés tous deux. Gela est bien dur ; je ne mëriUis pas les beaux yeux que j'ai.

HORTENSE

Tu badines , et je ne ris point; car si je ne réussis pas, je serai désolée, je te Tavoue ; achevons pourtant.

HARTON

Ne l'épargnez point ; désespérez-le pour le vaincre ; Frontin là-bas attend votre réponse pour la porter à son maître. Lui dira-t-il qu'il vienne?

HORTEVSE.

Dis-lui d'approcher.

MARTOV, àFronUn.

Avance.

HORTENSE

Sais-€u ce que me veut ton maître ?

FROVTIN.

Hélas ! madame , il ne le sait pas lui - même , mais je crois le savoir.

HORTENSE

Apparemment il a quelque motif, puisqu'il de* mande à me voir ?

* Je ne méritait pas le* beaux yeux que foi. On iyite actaeUement ces moU de beaux feux ^ dont les anciens romanciers ont trop abuse.

FRONTIN

Non, madame, il n'y a encore rien de réglé là« dessus 9 et en attendant, c'est par force qu'il demande à vous voir ; il ne saurait faire autrement *, il n'y a pas moyen qu'il s'en passe ; il faut qu'il vienne.

HORTEVSE.

Je n'entends point.

FROKTIIT.

Je ne m'entends pas trop non plus ; mais je sais bien ce que je veux dire.

HA&TON

C'est son cœur qui le mène en dépit qu'il en ait ; voilà ce que c'est,

FRONTIN

Tu Tas dit', c'est son cœur qui a besoin du vôtre, madame, qui voudrait l'avoir à bon marché * , qui vient savoir à quel prix vous le mettez , le marchander dn mieux qu'il pourra , et finir par en donner tout ce que vous voudrez , tout ménager qu'il est ; c'est ma pensée.

H0RTE5SB.

A tout hasard , va le chercher.

» Qui voudrait Pavoir ht bon marché, H fallait tVn tenir U. La continuation de cette métaphore n*ajoate rien ni a sa force ni â sa clarté.

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