ACTE III, SCÈNE IV. aaS
sentez bien qu'il ne me convient plus de restef , et je n'ai plus qu'à dire adieu à ces gens-ci. Je retourne à ma terre , de là à Paris , où je tous attends pour notre mariage ; car il est devenu nécessaire depuis Tëclat qu'on a fait ; voiis ne pouvez me venger du dédain de votre mère que par là ^ il faut absolument que je vous épouse.
ROSIMOND.
£b! oui, madame, on vous épousera'; mais j'ai pour nous à présent quelques mesures à prendre , qui ne demandent pas que vous soyez présente , et que je manquerais si vous ne me laissiez pas«
DORIMÈNE
Qu'est-ce que c'est que ces mesures ? Dites-les-moi en deux mots.
ROSIMOND.
Je ne saurais \ je n'en ai pas le temps.
DORIMèlYE.
Donnez-m'en la moindre idée ; ne faites rien sans conseil \ vous avez quelquefois besoin qu'oc/ vous conduise, marquis; voyons le parti que vous prenez.
ROSIMOND.
Vous me chagrinez. (Aptrt.) Que lui dirai-je ? çokuL} C'est que je veux ménager un raccommodement entre vous et ma mère.
* Eh! oui, nuidame, on vous épousera, D est impomblc d'exprimer plot dairement à une femme le mépris donteUe est Tobjet.
DORIMÈHE.
Cela De vaut rien ) je n'eu suis pas encore d^avis ; ëcoatez^moi.
ROSIMOND.
Eh ! morbleu ! ne vous embarrassez pas -, c'est on mouvement qu il faut que je me donne.
DORIHENE.
D'où vient le faut-il ?
ROSIMOND.
C'est qu'on croirait peut - être que je regrette Hortense , et je veux qu'on sache qu'elle ne me refuse que parce que j'aime ailleurs.
DORIMÈNE
Eh bien! il n'en sera que mieux que je sois présente ^ la preuve de votre amour en sera encore plus forte , quoiqu'à vrai dire, elle soit inutile ; ne sait- on pas que vous m'aimez ? Cela est si bien établi et si croyable !
ROSIMOIfD.
Eh! de grâce, madame « allez-vous-en. ( a put.) Ne pourrai-je l'écarter ?
bORIMÈNE.
Attendez donc ; ne pouvez-vous m'épouser qu'avec l'agrément de votre mère ' ? 11 serait plus flatteur pour moi qu'on s'en passât , si cela se peut ^ d'ailleurs , c'est que je ne me raccommoderai point; je sais piquée.
* Ne powtz^ou* m'épouser qu*oi^ec Vagrément de votre mère? Un homme honnête, quelques ridicales qu^il ait d^ailletmy nVponieia jamais la femme capable de lui fiaire unepareiUe proposition.