ACTE III, SCÈWE V
Pure bagatelle qu^on pardonne à Tamour!
ROSIHOND.
C^est qu^assnrëment vous ne mëritez pas la façon de penser qu'elle y exprime , vous ne la mëritez pas,
MARTOK, àpm.
Vous ne la mëritez pas !
HORTERSE.
Je vous jure, monsieur, que je n'y ai point pris garde , et que je n'en agirai pas moins vivement dans cette occasion-ci. Vous n'avez plus rien à me dire , je pense?
ROSIMOND.
Notre entretien vous est si à tharge, que j'hésite de le continuer.
HORTENSE
Parlez, monsieur.
MARTOV, à part.
Écoutons.
ROsiMonn.
* Je ne saurais revenir de mon ëtonnemeni \ j'admire le malentendu qui noua sépare ; car enfin , pourquoi rompons*nous ?
MARTOIf, rwmt,àpftii.
Voyez quelle aisance !
ROSmOKD.
Un mariage arrêté, convenable, que nos parens souhaitaient, dont je faisais tout le cas qu'il fallait , par quelle tracasserie arrive-t-il qu'il ne s'achève pas ? Gela me passe.
a3o LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,
HORTEUSE.
Ne devez-TOUs pas être charmé, monsieiir, qa'on vous débarrasse d'un mariage où vous ne vous engagiez que par complaisance?
ROSIMONB.
Par complaisance !
Par complaisance! Ah! madame, où se récrierat-on , si ce n'est ici ? Malheur à tout homme qui pourrait écouter cela de sang -froid!
ROSIMOND.
Elle a raison. Quand on n examine pas les gens, voilà comment on les explique.
HARTON, àptrt.
Voilà comme on est un sot.
ROSIMOND.
J'avais cru pourtant vous avoir donné quelque preuve de délicatesse de sentiment. (Hortensent.) Oui, madame , de délicatesse.
MARTON, à part.
Cet homme-là est incurable.
Il n'y a qu'à suivre ma conduite ; toutes vos attentions ont été pour Dorante , songez-y ; à peine m'avezvous regardé; là-dessus, je me suis piqué, cela est dans l'ordre. J'ai paru manquer d'empressement , j'en conviens; j'ai fait l'indifférent, même le fier, si vous voulez ; j'étais fâché ; cela est-il si d^bligeant? Estce là de la complaisance ? Voilà mes torts. Âuriesi-vous mieux aimé qu'on ne prit garde à rien , qu'on ne sen-
ACTEin, SCÈNE V. a3i
ût rien., qa'on eût été co&tent sans devoir Tétre? et fit -on jamais aux gens les reproches que tous mè faites y madame ?
HORTENSE
Vous vous plaignez si joliment, que je ne me lasse* rais point de vous entendre ; mais il est temps que je me retire. Adieu , monsieur.