SCÈNE IX
MARTON, FRONTIN, ROSIMOND.
FIlOlTTIIf,ài»art& Mârton.
Encore une petite façon , et nous le tenons , Marton.
MARTON, à part.
Je vais Tachever. (Haut.) Monsieur, ma maîtresse, que j'ai rencontrée en passant , comme elle vous quittait ^ m'a chargé de vous prier d'une chose qu'elle a oubliée de vous dire tantôt, et dont elle n'aurait peut-être pas le temps de vous avertir assez tôt ; c'est que monsieur le comte pourra vous parler de Dorante , vous faire quelques questions sur son caractère , et elle souhaiterait que vous eii dissiez du bien ; non pas qu'elle l'aime encore *, mais comme il s'y prend d'une manière à lui plaire , il sera bon , à tout hasard , que monsieur le cAmte soit prévenu en sa faveur.
ROSIMOND.
Oh! parbleu, c'en est trop-, ce trait me pousse à bout : allez , Marton , dites à votre maîtresse que son procédé est injurieux, et que Dorante , pour qui elle
a38 LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,
veat que je parle , me répondra de TaflOront qa*oa me fait aujoucd'hui.
UARTON.
Eh ! monsieur, à qni en avez-vous ? Quel mal vous fait-on? Par quel intérêt refusez- vous d'obliger ma maîtresse, qui vous sert actuellement vous-même, et qui , en revanche , vous demande en grâce de servir votre propre ami ? Je ne vous conçois pas. Frontin, quelle fantaisie lui prend-il donc ? Pourquoi se fâchet-il contre Hortense ? Sais-ta ce que c'est ?
FROIVTIN.
Eh ! mon enfant , c*est qu'il l'aime.
MARTOIV.
Bon ! tu rêves! Cela ne se peut pas. Dit- il vrai, monsieur ?
ROSIMOIÏD.
Marton, je suis au désespoir!
MARTOIV.
Quoi ! vous ?
ROSIMOKD.
Ne me trahis pas ; je rougirais que l'ingrate le sât ; mais, je te l'avoue, Marton, oui, je l'aime, je l'adore, et je ne saurais supporter sa perte.
MARTOir.
Ah ! c'est parler que cela ] voilà ce qn'on appelle des expressions. ^
ROSIMOUD.
Garde-toi surtout de les répéter,
HARTON
Voilà qui ne vaut rien \ vous retombez.