‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 166 sur 333 · FR0I4TIN · texte numérisé non relu

FR0I4TIN

Ouiy monsieur, dites toujours : Je Fadore ; ce motlà vous portera bonheur.

R08IM0NB.

L'ingrate !

UARTON.

Vous avez tort; car il faut que je me fâche à mon tour. Est-ce que ma maîtresse se doute seulement que vous Taimez? Jamais le mot d'amour est- il sorti de votre bouche pour elle ? Il semblait que vous auriez eu peur de compromettre votre importance ; ce n'dtait pas la peine que votre cœur se développât sérieusement pour ma maîtresse ■ , ni qu'il se mît en frais de sentiment pour elle ! Trop heureuse de vous épouser, vous lui faisiez la grâce d'y consentir ! Je ne vous parle si franchement que pour vous mettre au fait de vos torts ; il faut que vous les sentiez ; c'est de vos façons que vous devez rougir, et non pas dNin amour qui ne vous fait qu'honneur.

FRONTXN.»

Si vous saviez le chagrin que nous en avions , Marton et moi *, nous en étions si pénétrés....

ROSIMOND.

Je me suis mal conduit, j'en conviens.

■ Ce n'était pas la peine que votre cœur se développât sérieusejnent pour ma maîtresse. Il faut deviner la pcDsée de Marton. Elle -vent dire : yous auriez trouvé indigne de vous de laisser parler votre cceur, et d'exprimer sérieusement les sentimens dont il était rempli pour ma maltresse.

Avec tout ce qui peut rendre un homme aimable, vous n'avez rien oublié pour vous empêcher de Fétre. Souvenez - vous des discours de tantôt \ j'étais dans une fureur. ...

FRONTI».

Oui , elle m'a dit que vous Taviez scandalisée ; car * elle est notre amie.

C'est un malentendu qui nous sépare ; concluons quelque chose. Un mariage arrêté , convenable , dont je faisais cas ; voilà de votre style , et avec qui ? Avec la plus charmante et la plus raisonnable fille du monde , et je dirai même la plus disposée d'abord à vous vouloir du bien.

ROSIUOND, >

Ah ! Marton , n'en dis pas davantage. J'ouvre les yeux ) je me déteste , et il n'est plus temps !

HARTON

Je ne dis pas cela, monsieur le marquis; votre état me touche , et peut-être toucherart-il ma maîtresse.

FRONTIN

Cette belle dame a l'air si clément !

MARTOIT.

Me promettez -VOUS de rester comme vous êtes? Continuçrez-vous d'être aussi aimable que vous l'êtes actuellement ? En est-ce fait ? N'y a-t-il plus de petitmaitre ?

ROSIUOND.

Je suis confus de l'avoir été , Marton.

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