LA COMTESSE, LE MARQUIS, LE
CHEVALIER
LE CHEVALIER, i part.
A TOUT ce que je vois, mon espérance renaît un peu.
(Il Ta pour sortir.) LA COMTESSE, Parr^tant.
Restez, chevalier ; parlons un peu de ceci. Y eut-il jamais rien de pareil? Qu'en pensez-vous, vous qui aimez Hortense , vous qu'elle aime ? Le mariage ne vous fait -il pas trembler? Moi qui ne suis pas son amant , il m'eOraie.
LE CHEVALIER, arec un efiVoi hypocrite.
C'est une chose affreuse! il n'y a point d'exemple de cela.
3o2 LE LEGS,
LE MARQUIS
Je ne m'en soucie guère ; elle sera ma femme , mais en revanche je serai son mari : c'est ce qui me console, et ce sont plus ses affaires que les miennes. Aujourdliui le contrat , demain la noce , et ce soir confinée dans son appartement^ pas plus de façon. Je sois piqué, je ne donnerais pas cela de plus.
Ll COMTESSE.
Pour moi , je serais d'avis qu'on les empêchât absolument de s'engager *, et un notaire honnête homme, s'il était instruit, leur refuserait tout net son ministère. Je les enfermerais si j'étais la maîtresse. Hortense peut-elle se sacrifier à un aussi vil intérêt ? Vous qui êtes né généreux, chevalier, et qui avez du pouvoir sur elle , retenez-la ; faites-lui , par pitié , entendre raison , si ce n'est par amour. Je suis sûre qu'elle ne marchande si vilainement qu'à cause de vous.
LE CHEVALIER, à part.
Il n'y a plus de risque à tenir bon. (Haut.) Que voulez-vous que j'y fasse , comtesse ? Je n'y vois point de remède.
LA COMTESSE
Gomment? que dites-vous? Il faut que j'aie mal entendu j car je vous estime.
LE CHEVALIER
Je dis que je ne puis rien là - dedans , et que c'est ma tendresse qui me défend de la résoudre à ce que vous souhaitez.