DORANTE, ANGÉLIQUE
DORAlfTE.
OsERAis-JE , sans être importun , madame , vous de-' mander un instant d'entretien ?
ANGÉLIQUE
Importun , Dorante ! pouvez-vous l'être avec nous ? Voilà un début bien sérieux. De quoi s'agit-il ?
4oo LE PRÉJUGÉ VAINCU,
doraute.
D*ime proposition que monsieur le marquis m'a per> mis de vous faire , qu'il vous rend la maîtresse d'accepter ou non, mais dont j'hésite à vous parler, H que je vous conjure de me pardonner, si elle ne vous plaît pas.
C'est donc quelque chose de bien étrange? Atten^ dez; ne serait* il pas question d'un certain mariage, dont Lisette m'a déjà parlé?
DORAHTE.
Je ne l'avais pas priée de vous prévenir ; mais c*est de cela même , madame.
ANGÉLIQUE
En ce casp-là, tout est dit, Dorante ; Lisette m*a tout conté. Vos intentions sont louables, et votre projet ne vaut rien. Je vous promets de l'oublier. Parlons d'autre chose.
DORANTE
Mais, madame, permettez-moi d'insister; le récit de Lisette peut n'être pas exact.
ANGÉLIQUE
Dorante, si c'est de bonne foi que vous avez craint de me fâcher , la manière dont je m'explique doit vous arrêter, ce me semble; et je vous le répète encore, parlons d'autre chose.
DORANTE
Je me tais, madame, pénétré de douleur de vous avoir déplu.