SCÈNE IV. 4o
homme, il ne lui manquerait plus que de ne pas Tétre !
U est d'ailleurs estime , connu ^ destiné à un poste important.
ANGÉLIQUE
Sans doute; on a des places et des dignités avec de l'argent ; elles ne sont pas glorieuses. Venons au fait. Quel est-il , votre homme ?
DORANTE
Simplement un homme de bonne famille , mais à qui , malgré cela , madame , on offre actuellement de très-grands partis.
ANGÉLIQUE
Je vous crois ; on voit de tout dans la vie.
DORANTE
Je me tais , madame \ votre opinion est que j'ai tort , et je me condamne.
ANGÉLIQUE
Croyez-moi , Dorante , vous estimez trop les biens , et le bon usage que vous faites des vôtres vous excuse ; mais , entre nous , que ferais-je avec un homme de cette espèce-là ? Car la plupart de ces gens-là sont des espèces \ vous le savez. L'honnête homme d'un certain état n'est pas l'honnête homme du mien. Ce scmt
' La plupart de cm geiu-là sont des espèces* Cette dureté méprisante na parât t nnllement motÎTée. Dorante, par robacoritë de sa naissance , appartient à la classe de ces espèces ; Angâiqne Taime an fond du cœnr j eUe Tient de déclarer Testime et même la reoon-
4o4 LE PRÉJDOÉ VAINCU,
d'autres façons , d'autres sentimens , d'autres mœun, presqu'un autre honneur^ c'est un autre monde. Votre ami me Tebuterait, et je le générais.
DORANTE
Ah! madame, épargnez-- moi, je vous prie; yotis m'ayez promis d'oublier mon tort , et je compte sur cette bonté*là dans ce moment même.
ANGÉLIQUE
Pour vous prouver que je n'y songe plus > j^aî envie de vous prier de rester encore avec nous quelque temps ; vous me verrez peut-être incessamment mariée.
DORANTE
Comment, madame ?
ANGÉLIQUE
J'ai un de mes parens qui m'aime , et que je ne liais pas ; qui est actuellement à I^arîs, où il suit un procès important dont le gain est presque sût , et qui n'attend que ce succès pour venir demander ma main.
Dorante.
Et vous l'aimez, madame?
ANGÉLIQUE
Nous nous connaissons dès l'enfance.
DORANTE
J'ai abusé trop long-temps de votre patience, et je me retire toujours pénétré de douleur.
siÎMUioe dont eUe est pénëtrëe poor loi. QaeUe qae soi t U violcMe de tes préjugés nobiliaires , elle toe peot avoir aiman motif r^àmmnable d'insulter â ce point nn bonndte homme par tee dénomÎMtion sratniteme&tontrageantek