SCÈNE VIII
ANGÉLIQUE
A quelqae prix que ce soit ; tu penses fort bien.
LISETTE
Faut demander du temps d'abord.
ANGELIQUE
Du temps ? Cela ne me raccommodera pas avec mon père.
LISETTE
Oh ! dame, vote père ! il ne songe qu'à son Dorante.
Eh bien , son Dorante ! que t'a-t-il fait ? Car il me semble que ta fureur est que je le haïsse.
LISETTE
Moi?
ANGÉLIQUE
Mais oui ; tu as de l'antipathie pour lui , je l'ai re« marqué.
LISETTE
C'est que je sais que vous ne l'aimez pas.
ANGÉLIQUE
Ce serait mon affaire. Je n'ai point d^aversion pour hii , et c'en est assez pour une fille raisonnable.
LISETTE
Le pus principal , c'est ce baron qui arrive.
ANGÉLIQUE
Eh ! laisse là ce baron étemel.
LISETTE
Eh bian ! madame , prenez donc l'autre.
ANGÉLIQUE
Ma difficulté est que je l'ai refusé, qu'il s'est nommé , et que je n'ai rien dit.
4i8 LE PRÉJUGÉ VAIN€C,
LISETTE
Ky a qa*à le rappder.
Ah ! voilà ce que je ne saurais faire ; je ne me résoudrai jamais à cette humiliation-là '•
LISETTE
Allons , c'est bien fait , et vive la grandeur ! Platôt mourir que d'avoir TafiGront d'être honnête !
ANGÉLIQUE
Tout ce que tu me proposes est extrême. J'imagine pourtant un moyen de renouer avec lui sans me compromettre.
LISETTE
Lequeul ?
ANGÉLIQUE
Un moyen qui te sera même avantageux , et je sois d'avis que tu ailles le trouver de ma part.
LISETTE
Tenex ; je vois Lépaine qui passe -y baillez-li vote orde.
ANGÉLIQUE
Appelle-le.
* Je ne me résoudrai jamait h cette hwmliationi4ii. Le ctnetêre d*ADgëlique se ion tient admirablement ; c'est ]« lutte de ramovr oontre sa passion dominante, Porgneil. Ces sortes de oombals sont toujooit aa théfttre une sonrce inëpnisable d'intitfHt.
SCËNE IX. 419