ANGÉLIQUE, LÉPINE, LISETTE
LISETTE
Monsieur , monsieur de Lépaine , approchez-vous vers madame.
LÉPINE
Que lui plait-il à madame ?
ANGÉLIQUE
Va , je te prie , informer ton maître que j'aurais un mot à lui dire.
LÉPINE
Je Ten informerai le plus vite que je pourrsû, madame ', car je vais si lentement... Je n*ai le cœur à rien. Ah !
ANGÉLIQUE
Que signifie donc ce soupir ? On dirait qu'il vient do pleurer.
LÉPINE
Oui , madame , j'ai pleuré -, je {^eure encore , et je n'y renonce pas ; j'en ai peut-être pour le reste de Tannée, qui n'est pas bien avancée. Je suis homme à faire des cris de désespéré , sans respect de personne.
LISETTE
Miséricorde !
ANGÉLIQUE
Il m'alarme. Qu'est-il donc arrivé?
Hélas! vous le savez bien, madame, vous qui nous
4ao LE PRÉJUGÉ VAINCU,
renvoyez tous deux , mon maître et moi , comme de trop minces personnages ^ ce qui fait que nous partons.
ANGÉLIQUE
Entends-tu , Lisette ? ils partent.
LISETTE
Je serons boudëes par monsieur le marquis.
ANGÉLIQUE
Il ne me le pardonnera pas , Lisette , et Dorante le sait bien.
LÉPINE
Il se retire à demi mort , et moi aussi .
ANGÉLIQUE
Ah ! le méchant homme !
LISETTE
Oui , U y a de la malice à ça.
LÉPINE
Nous n'arriverons jamais à Paris que défunts, quoi* que à la fleur de notre âge \ car nous méritions de vivre. Mais vous nous poignardez , et c'est la valeur de deux meurtres que vous vous reprocherez quelque jour.
ANGÉLIQUE
Il me fait tout le mal qu'il peut.
Pour l'attraper , je l'épouserais.
ANGÉLIQUE, à Lëpine.
Va le chercher , te dis-je. Où esL-il ?
LÉPINE
Je nen sais rien, madame, ai lui non plos^ car