‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 292 sur 333 · SCÈNE I. 44i · texte numérisé non relu

SCÈNE I. 44i

Ah ! madame , ce n'est assurément que par bonté que vous le dites.

HORTENSE

Non 'j je vous parle sérieusement.

FÉLIGIE.

Je pense pourtant que je n*en serais que mieux y si j'en avais un peu plus.

HORTENSE

L'industrie de toutes vos réponses > m'a fait deviner que vous en viendriez là.

FÉLIGIE.

Hélas ! madame , c^est de bonne foi ^ si je savais mieux , je le dirais.

HORTENSE

Songez que c'est peut-être de tous les dons le plus dangereux que vous choisissez, Félicie.

FÉLIGIE.

Dangereux, madame! oh! que non. Vous m'avez trop bien élevée ; il n'y a rien à craindre.

SORTENSE.

Vous ne vous y arrêtez pourtant que par l'envie de plaire,

FÉLIGIE.

De plaire? Non. Ce n'est pas positivement cela;

■ L'industrie de toutes vos réponses. Le mot à^industrie est un ▼ëritable latinisme j il veal dire ici : L'apprêt un peu dludië de tos réponses , Fesp^e de dissimula kloaq^e tous employez avec moi, pour'm'obliger de deviner ce que tous n'osez pas avouer franchement.

44^ FÉLIGIE,

c'est qu'on a Tamitié de tout le monde quand on est aimable , et Tamitië de tout le monde est utile et souhaitable.

HORTENSB.

Oui j Tamitié , mais non pas l'amour de tout le monde.

FéLIGIE.

Oh ! pour celui-là , je n y songe pas , je vous assure.

HORTENSE

Vous n'y songez pas , Félicie ! I^egarde^moi ; tous rougissez i étes-vous sincère ?

FÉLICIE

Peut-être que je ne le suis pas autant que je l'ai cru.

^GRTE5SE.

N'importe. Puisque vous le voulez , soyez aimable autant qu'on le peut être.

(HorU&te U frsppe d« U maio sur r^paak.) FÉLICIE 9 UfiswUlaiit de joie.

Ah!.«». Je TOUS suis bien obligée, madame.

HORTEHSE.

Vous voilà pourvue de toutes les grâces imaginables.

J'en ai une reconnaissance infinie^ et apparemment qu'il y a bien du changement en moi , quoique je ne le voie pas.

HORTENSE

C'est-à-dire que vous voulez en être sûre. (EUei«

présente un peUt miroir.) TcUCZ, COmmCUt VOUS trOUVCZ-VOUS?

FÉLICIE

Comblée de vos bontés^ vous n'y avez rien épargné.

Page 1