‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 291 sur 333 · FÉLICIE, HORTENSE · texte numérisé non relu

FÉLICIE, HORTENSE

FÉLIGIE.

Il faut avouer qu'il fait un beau jour.

HORTBBSE.

Aussi y a-t-il long-temps que nous nous promenons.

FÉLIGIE.

Le plaisir d'être avec tous, qui est toujours si grand pour moi, ne m'a jamais été plus sensible.

HORTENSE

Je crois, en effet, que vous m'aimez , Félicie.

FÉLICIE

Vous croyez, madame! Quoi! n'est-ce que d'aujourd'hui que vous êtes bien sûre de cette vërité-là, vous avec qui je suis dès mon enfance , vous à qui je dois tout ce que je puis avoir d'estimable dans le cœur et dans l'esprit ?

HORTENSE

Il est vrai que vous avez toujours été l'objet de mes complaisances ; et s'il vous reste encore quelque chose à désirer de mon pouvoir et de ma science , vous n'avez qd'à parler , Félicie ^ je ne vous ai amenée ici que pour vous le dire.

44o FÉLIGIE,

Vos bontés m*ont-elles rien laissé à souhaiter?

HORTENSE

j^y a-t-il point qu^qae verta, qadqae qoaKté dont je puisse encore vous douer ?

FÉI4ICIE,

n n'y en a point dont vous n'ayez voulu embeUîr mon âme.

HO.RTBIfSfI.

Vous avez bien de Tesprit-, en demandez - vous encore ?

FÉLIGIE.

Jq m'^n fie à votre tendressje ; elle m'en a sam doute doané tQut ce qu'il m'en faut.

HORTEIÎSE.

Parcourez tous les avantages possibles , et voyez celui que je puis augmenter en vous , ou bien ajouter à ç^ux que vous avez { râvez-y •

jy rêve j puisque vous me l'ordonnez, et jusqu'ici je ne vois rien; car, enfin, que demanderais-; je?.«. Attendez pourtant^ madame ; des grâces, par exemple 9 je n'y songeais point; qu'en dite$-vous? Il me semUe que je n'en ai pas assez.

HORTEITSE.

Des grâces, Fëlicie! je m'en garderai bien *, la na* ture y a sufl^mment pourvu ; et si je vous en donnais encore , vous en auriez trop ; je vous nuirais.

Page 1