‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 3 sur 333 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LUCILE, LISETTE

Ah! te voilà, Lisette; approche; je viens d'ap-

' Si c€tt« lettre-ci 00 rompt pas le projet çu^on fait de nom marier. 0^ ne peut pas mieux entrer en matière. Lucile ne eonnatt pisDa* mis. EUe suppose qu'a pourra fort bien ne lui point oonvenir. Elle prend donc son parti , et annonce la ferme n^lution qu'elle a fbr^

16 LES SERMBNS INDISCRETS,

prendre que Damis est arrivé hier de Paris , qu'il est actuellement chez son père ; et voici une lettre qu'il faut que tu lui rendes , en vertu de la<}uelle j'espère que je ne l'épouserai point.

LISETTE

Quoi! cette idée -là vous dure encore ? Non, madame, je ne ferai point votre message; Damis est l'époux qu'on vous destine ] YOtis y avez consenti , tout le monde est d'accord : entre une épouse et vous il n'y a plus qu'une syllabe de différence, et je ne rendrai point votre lettre ; vous avez promis de vous marier.

LUCILE

Oui , par complaisance pour mon père , il est vrai-, mais y songe-t-il ? Qu'est-ce que c'est qu'un mariage comme celui-là? Ne faudrait -il pas être folle pour épouser un homme dont le caractère m'est tout-à-fait inconnu ? D'ailleurs ne sais-tu pas mes sentimens ? Je ne veux point être mariée sitôt et ne le serai peut-être jamais.

LISETTE

Vous ? Avec ces yeux-là ? Je vous en défie, madame.

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