SCÈNE VIII
LUGIDOR.
L'insupportable fille !
FâLICIE, k U ModetUe.
Il est vrai que vous vous scandalisez de trop peu de chose.
LUCIDOR.
Ma tendresse ne vous fatiguerait pas tant sans elle.
FÉLIGIE.
Oh ! si votre cœur n*a pas besoin d'elle, le mien n'est pas de même , entendez-vous ?
LUCIDOR.
Eh ! quel besoin le vôtre en a-t-il ? Dites-moi le moindre mot consolant.
FÉLICIE
Je suis bien heureuse qu'elle me gêne.
IiUCIDOR.
Achevez.
FÉLIGIE, bftii la Modestie.
Si je lui disais, pour m'en défaire, que je suis un peu sensible, le trouveriez-vous mauvais? il n'en sera pas plus avancé.
LÀ MODESTIE
Gardez -vous -en bien^ je ne soutiendrai pas ce discours-là.
FÉLICIE, àLneiaor.
Passez-vous donc de ma réponse.
LUCIDOR.
Si elle s'écartait un moment , comme elle le pourrait , sans s'absenter, quel inconvénient y aurait-il ?
464 FÊLICIE,
Ce jenne homme vous impatiente ; promenez-ToiK tm instant sans me quitter -, je tâcherai d'abréger la conversation.
tl ifOD£STIE.
Hélas ! si je m'écarte , je ne reviendrai peut - être plus.
FÉLICIE
Je ne vous propose pas de vous en aller, je ne veux pas seulement vous perdre de vue ; et ce que j'en dis, n'est que pour vous épargner son importunité^
LA MODESTIE
Puisque vous m'y forcez , vous voilà seule. ( a p»t.) Je me retire, mais je ne la quitte pas.
LUCIDOR, FÉLICIE.
LUCIDOR.
AhI je respire.
FÉLICIE
Et moi, je suis honteuse.
LucfnoR.
Non , Félicie , ne troublez point un si doux moment par de chagrinantes réflexions. Vous voilà libre, et vous m'avez promis de vous expliquer. Je vous adore -, commencez par me dire que vous le voulez bien.
FÉLtClE.
Oh ! pour ce commencement-là , il n'est pas difficile; oui, j'y consens; quand je ne le voudrais pas.