SCÈNE II
LISETTE
Ce que j'aime de ta comédie , c*est que not» nau4 la donnerons à nous-méme ; car je pense que no.o^ allons tenir de jolis propos.
MERIIN.
De très-jolis propos; car, dans le plan de ma pièce,^ vous ne sortez point de Tptre caractère, tous antres. Toi , tu joues une maligne soubrette à qui Ton n'en £iit point accroire , et te voilà. Biaise a l'air d'un nigaud pris sans vert\ et il en fait le rôle. Une petite coquette de village çt Colette , c'est la même chose. Un joli homme et moi , c'est tout un. Un joli homme est inconstant, une coquette n'est pas fidèle. Colette trahit Blaisi^, je néglige ta flamme. Biaise est un sot qui en pleure , tu es une diablesse qui t'en meta en fureur \ et voilà ma pièce. Oh ! je défie qu'on arrange mieux les choses.
BIAISE
Oui ; mais si ce que j'allons jouer allait être vrai ! Prenez garde , au moins \ il ne faut pas du tout de bon; car j'aime Colette, dame !
IfERLIlf.
A merveille ! Biaise , je te demande ce ton de nigaud-là dans la pièce.
' lymn nigoMtd prtM sofu vert. CetM-dir», pris, an d^ponryu, C^ett une allagi<m i un jeu tr^rtfpandu dans les proTÎnoes. Aux premien jours du mois de mai, quelques sociétés de jeunes gens, et le plus souTent de jeunes filles^ conTiennent que chacune des personnes qui les composent sera obligëe , sons une œrlaine peine , de porter sur soi du yert cueilli dans la journée. Quand on es| pris sans yert, on est honteux et puni. De là le pro? erhe.
LISETTE
Écoutez , monsieur le joli homme , il a raison; que ceci ne passe point la raillerie 5 car je ne suis pas endurante , je vous en avertis. .
MERLIN
Fort bien, Lisette! 11 y a un aigre -doux dans ce ton-là qu'il faut conserver.
COLETTE
Allez , allez , mademoiselle Lisette j il n'y a rien à appriander pour vous \ car vous êtes, plus jolie que moi ] monsieur Merlin le sait bien.
Courage , friponne \ vous y êtes, c'est dans ce goût-là qu'il faut jouer votre rôle. Allons, commençons à répéter.
LISETTE
C'est à nous deux à commencer, je crois.
MERLIN
Oui, nous faisons la première scène; assey esrvoiis là, vous autres \ et nous , débutons. Tu es au fait, Lisette.
(Colette et Biaisa t'aueyent comme specUtenn d^ane ioène dont il« ae «mt paO
Tu arrives sur le théâtre , et tu me trouves rêveur et distrait. Recule-toi un peu, pour me laisser prendre ma contenance.