SCÈNE V. 5o
BLÀISE.
Velà de belles fiançailles !
LISETTE, à Merlin , en déchirant un papier.
Ta te tais donc , fourbe ! Tieas , voilà le cas que je fais du plan de ta comëdie ^ tu mériterais d*étre traité de même.
MERLIN
Mais , mes enfans , gagnons d'abord notre argent , et puis nous finirons nos débats.
COLETTE
C'est bian dit, je nous querellerons après; c'est la même chose.
LISETTE
Taisez-vous, petite impertinente.
COLETTE
Cette jalouse , comme elle est mal apprise 1
MERLJN.
Paix-là donc, paix!
COLETTE
Suis-je cause que je vaux mieux qu'elle ?
Que cette petite paysanne-là ne m'écbaufie pas les oreilles !
COLETTE
Mais, voyez, je vous prie, cette glorieuse, aveq sa face de chambrière !
MERLIN
Le bruit que vous faites va amasser tout le monde ici , et voilà déjà madame Armante qui accourt , je pense.
MEELIK.
Eloignez-vous donc pour Tencourager.
BLAISE , sa leTinl de ion ti^e.
Non , morgulé ! je ne veux pas qu'aile ait du courage , moi 5 je veux tout entendre.
LISETTE) a«Me «i interrompait.
Il est vrai , ma mie , que vous êtes plaisante de vouloir que nous nous en allions.
COLETTE
Pourquoi aussi me chicanez-vous?
B LAI SE 9 interrompent, mais eens.
Pourquoi te hâtes^tu tant d*étre amoureuse de monsieur Merlin? Est-ce que tu en sens de rameur ?
COLETTE
Mais, vraiment! je sis bien obligée d'en sentir, pisr que je sis obligée d'en prendre dans la comédie. Comment voulez-vous que je fasse autrement ?
LISETTE, attise, interrompant.
Gomment ! vous aimez réellement Merlin !
COLETTE
Il faut bien , pisque c'est mon devoir.
MERLIN, k Listte.
i Biaise et toi, vous êtes de grands innocens tous
I deux ^ ne voyez-vous pas qu'elle s'explique mal ? Ce
( n'est pas qu'elle m'aime tout de bon \ die veut dire
I seulement qu'elle doit faire semblant de m'aimer.
N'est-ce pas , Colette ?
' COLETTE
Comme vous voudrez, monsieur Merlin.