SCÈNE IV
MERLIN
Allons, continuons, et attendez <{ue je me déclare tout-à-fait , pour voiis montrer sensible à mon amour.
COLETTE
J'attendrai , monsieur Merlin ; faites vite.
M E KL I If , recommençant U icène.
Que vous êtes aimable , Colette , et que j'envie le sort de Biaise , qtii doit être votre mari !
Oh ! oh ! est-H!e que vous m'aimez , monsieur Merlin?
MEKLIlt.
Il y a plus de huit jours que je cherche à vous le dire.
COLETTE
Queu dommage l car je nous accorderions bien tous deux.
MEULIlf.
Et pourquoi, Colette?
COLETTE
C'est que si vous m'aimez , dame ! . • . Dirai-je ?
MERLIIf<
Sans doute.
COLETTE
C'est que, si vous m'aimez , c'est bian fait; car il n'y a rien de pardu.
MERLin.
Quoi ! chère Colette , votre cœur vous dit quelque chose pour moi ?
COLETTE
Oh ! il ne me dit pas queuque chose ; il me dit toutà-fait.
avez entendue n'était qu'un entr^acte. Mes acteois $e sont brouillés dans Tintervalle de Faction ; c'est la discorde qui est entrée dans la troupe; il n'y a rien là que de fort ordinaire ' . Ils voulaient sauter du brodequin au cothurne , et je vais tâcher de les ramener à des dispositions moins tragiques.
M"*ARGA1ÏTE.
Non ; laissons là tes dispositions moins tragiques, et supprimons ce divertissement-là. Éraste , voos n'j avez pas songé ; la comédie chez une femme de mon âge, cela serait ridicule.
ÉRASTE
C'est la chose du monde la plus innocente, madame, et d'ailleurs madame Amelin se faisait une joie de la voir exécuter.
MERLIN
C'est elle qui nous paie pour la mettre en état ; ^ moi , qui vous parle , j'ai déjà reçu des arrhes. Ma marchandise est vendue , il faut que je la livre ; et vous ne sauriez , en conscience , rompre un marché conclu, madame. Il faudrait que je restituasse, et j'ai pris des arrangemens qui ne me le permettent plus.
* Cest la discorde qui est entrée dans la troupe; il n'y a rien Ik qme de fort ordinaire. On roit que Mamanz connaissait rintcricnr des coulisses. Les divisions qai ont rëgntf de tout temps dans les sociétés de comédiens , et dont Molière et Le Sage noot avaient » avant ManTaux, révélé le mjstère, ont été souvent de noa jours portées jnsqu^an scandale, et d'ordinaire les auteurs et le public en sont également les victime».