M~ AMELIN, ARAMINTE
M AMELIN, un moment laale.
Vous avez pourtant beau dire , madame Argante ^ j'ai voulu rire , et je rirai.
ARAMINTE
Eh bien ! ma chère , où en est notre comédie ? Yat-on la jouer ?
M"* AMELIN
Non-, madame Argante veut qu'on rende l'argent & la porte.
ARAMINTE
Comment! elle s'oppose à ce qu'on joue cette pièce ?
Sans doute ; on la jouera pourtant, ou celle-ci , ou une autre. Tout ce qui arrivera de ceci , c'est qu'au
5io LES ACTEURS DE BONNE FOI,
lieu de la lui donner, il faudra qu'elle me la donne et qu'elle la joue , qui pis est , et je yous prie de m j aider.
ARAMINTE
Il sera curieux de la voir monter 9Uf le théâtre! Quant à moi , je ne suis bonne qu'à me tenir dans ma loge.
M"* AMELIIf.
Écoutez-moi ; je vais feindre d'être si rebutée du peu de complaisance qu'on a pour moi , que je paraîtrai renoncer au mariage de mon neveu avec Angclique.
ARAMINTE
Votre neveu est , en effet , un si grand parti pour elle....
M*** AMELIN
Que la mère n'avait osé espérer que je consentisse. Jugez de la peur qu'elle aura, et des démarches qu elle va faire ! Jouera-t-elle bien son rôle ?
ARAMINTE
Oh ! d'après nature.
M"^ AMELIN, rUat.
Mon neveu et sa maîtresse seront-ils , de leur côté , de bons acteurs , à votre avis? Car ils ne sauront pas que je me divertis , non plus que le reste des acteurs.
ARAMINTE
Cela sera plaisant ; mais il n'y a que mon rôle qui m'embarrasse. Â quoi puis-je vous élre bonne?
M"** AMEtlN.
Vous avez trois fois plus de bien qu'Angélique \