‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 324 sur 333 · M^* AMELIN, ARAMINTE, ÉRASTE · texte numérisé non relu

M^* AMELIN, ARAMINTE, ÉRASTE

ÉRASTE

Voos m'avez ordonné de revenir ; que me voulezvous , madame ? La compagnie vous attend.

m"* AMELIE.

Qu'elle m'attende , mon neveu ; je ne suis pas près de la rejoindre.

ÉRASTE

Vous me paraissez bien sérieuse , madame *, de quoi s'agit-il ?

M AMELINy montrant Artmintt.

Éraste , que pensez-vous de madame ?

ÉRASTE

Moi ? ce que tout le monde en pense ^ que madame est fort aimable.

* yous m* avez fait confidence de votre inclination pour mon neveu, C^est-à-dire : U est conyena entre nous, et cela est nécessaire pour ma comëdie, que tous aimez mon nevca, et que vous m^en avez fait la confidence.

5ia LES ACTEURS DE BONNE FOI,

ARAMINTS.

La réponse est flatteuse.

ÉRASTE

Elle est toute simple.

M^ AMELIN

Mon neveu, son cœur et sa main, joints à trente mille livres de rente, ne valent* ils pas bien qa'oa s'attache à elle ?

ÉRASTE

Y a-t-il quelqu'un à qui il soit besoin de persuader cette vérité-là ?

M"* AMELIN

Je suis charmée de vous en voir si persuadé vousmême.

ÉRASTE

A propos de quoi en êtes -vous si channée, madame?

M"^ AMELIN

C'est que je trouve à propos de vous marier avec elle.

ÉRASTE

Moi, ma tante? vous plaisantez^ et je suis sûr que madame ne serait pas de cet avis-là.

m"* AMELm.

Ceit pourtant elle qui me le propose.

ÉRASTE

De m'épouser! vous, madame!

ARAMINTE

Pourquoi non , Éraste ? cela me paraîtrait asseï convenable ; qu'en dites-vous?

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