M^* AMELIN, ARAMINTE, ÉRASTE
ÉRASTE
Voos m'avez ordonné de revenir ; que me voulezvous , madame ? La compagnie vous attend.
m"* AMELIE.
Qu'elle m'attende , mon neveu ; je ne suis pas près de la rejoindre.
ÉRASTE
Vous me paraissez bien sérieuse , madame *, de quoi s'agit-il ?
M AMELINy montrant Artmintt.
Éraste , que pensez-vous de madame ?
ÉRASTE
Moi ? ce que tout le monde en pense ^ que madame est fort aimable.
* yous m* avez fait confidence de votre inclination pour mon neveu, C^est-à-dire : U est conyena entre nous, et cela est nécessaire pour ma comëdie, que tous aimez mon nevca, et que vous m^en avez fait la confidence.
5ia LES ACTEURS DE BONNE FOI,
ARAMINTS.
La réponse est flatteuse.
ÉRASTE
Elle est toute simple.
M^ AMELIN
Mon neveu, son cœur et sa main, joints à trente mille livres de rente, ne valent* ils pas bien qa'oa s'attache à elle ?
ÉRASTE
Y a-t-il quelqu'un à qui il soit besoin de persuader cette vérité-là ?
M"* AMELIN
Je suis charmée de vous en voir si persuadé vousmême.
ÉRASTE
A propos de quoi en êtes -vous si channée, madame?
M"^ AMELIN
C'est que je trouve à propos de vous marier avec elle.
ÉRASTE
Moi, ma tante? vous plaisantez^ et je suis sûr que madame ne serait pas de cet avis-là.
m"* AMELm.
Ceit pourtant elle qui me le propose.
ÉRASTE
De m'épouser! vous, madame!
ARAMINTE
Pourquoi non , Éraste ? cela me paraîtrait asseï convenable ; qu'en dites-vous?