‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 46 sur 333 · SCÈNE IL M. ORGON, LUCILE, PHÉNICE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL M. ORGON, LUCILE, PHÉNICE

Ml. O R GO N , parlant k Lacile « a.T«e qui il aiitra*

Non, ma fille, je. n'ai jamais prëtendfi vous contraindre ; quelque chose que vous me disiez ' , il est certain que vous ne l'aimez pas ; ainsi n'en parlons

plus. (PWniee t«iiI s'en aller. ) KcStCZ , Pfaénice ; jC VOUS chcr-

chais , et j'ai un mot à vous dire. Écoutez-moi toutes

■ Je ne saurais pourtant jr en mettre davantage, J^ ne se rapporte i rien. P aider raison est a ne locution indivisible et qui n'admet point de relatif j^rtiel 4 cet^ laute esl. fr^aente dans ManTaui j eUe a etë d^ji plus d*nne foi^ rioX^ef,

* Quelque chose que vous nie dis^z, Lucile a donc dit quelque chose , et certainement il faut être bonhomme comme M. Orgon , pour aroir conclu de oe quelque chose la certitude que Lucile n'ai« me point Damis.

jo LES SERMENS INDISCRETS,

deux. Damis voulait épouser votre sœur; c'était là notre arrangement. Nous sommes obligés de le changer ', le cœur de Lucile en dispos autrement : elle ne Ta voue pas; mais ce n'est que par pure complaisance pour moi , et j'ai quitté ce projet-là.

Mais , mon père , vous dirais-je que j'aime Damis ? Cela ne siérait pas.; c'est un langage qu'une fille bien née ne saurait tenir, quand elle en aurait envie.

M. ORGON

Encore ! Et si je vous disais que c'est de Lisette elle-même que je sais qu'il ne vous plaît pas , ma fille ? A quoi bon s'en défendre ? Je vous dispense de ces considérationsrlà pour moi ; et , pour trancher net , vous ne l'épouserez point ; vos dégoûts pour lui n'ont été que trop marqués, et je le destine à votre sœur à qui son cœur se donne , et qui ne lui refuse pas le sien, quoiqu'elle persiste de son côté à me dire le contraire à cause de vous.

PHÉ9ICE.

Moi l'épouser, mon père !

Nous y voilà ; je savais votre réponse avant que vous me la fissiez. Je vous connais toutes deux : l'une , de peur de me fâcher, épouserait ce qu'elle n'aime pas ; l'autre , par retenue pour sa sœur , refuserait d'épouser ce qu'elle aime. Vous Voyez bien que je suis au fait, et que je sais vous interpréter; d ailleurs je suis bien instruit , et je ne me trompe pas.

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