ACTE V, SCÈNE L
gon m^a paru aussi très<^mbarrassë de ce que j^ai été lui dire de sa part ^ mais toi , de ton côte , qu'as-tu dit au père de Damis ? Lui as-tu fait sentir le désagrément qu'il y avait pour son fils, de n'entrer dans une maison que pour y brouiller les deux sœurs ?
Je me suis surpassé , ma fille *, tu sais le talent que j'ai pour la parole et Fart ayeo lequel je mens quand il faut ; je lui ai peint Lucile si ennemie de mon maître, remplissant la maison de tant de murmures, menaçant sa sœur d'une rupture si terrible dans le cas où elle l'épouserait ! J'ai peint monsieur Orgon si consterné, Phénicesi découragée, El^imis si stupéfait!
LISETTE
A cela qu'a-t-il répondu ?
FRONTIN
Rien ; sinon qu'à mon récit il a soupiré, levé les épaules, et m'a quitté pour parler à monsieur Orgon et pour consoler son fils qui est averti , et qui , de son côté , l'attend avec une douleur inconsolable.
LISETTE
Voilà, ce me semble, tout ce qu'on peut faire en pareil cas pour ton maître , et j'ai bonne opinion de cela ^ mais retire- toi; voici Lucile qui me cherche apparemment; je lui ai toujours dit qu'elle aimait Damis sans qu'elle me l'ait avoué, et je vais changer de ton afin de la forcer à en changer elle-même.
FROlfTIN.
Adieu ^ songe qu'il faut que je t'époustC , ou que la tète me tourne aussi,
ii8 LES SERMENS INDISCRETS,
LISETTE
Va, va, ta tête a pris les devans; ne cndns plujs i^ea pour elle.