ACTE 1, SCÈHE I
UAHTOR.
Eh! par hasard, n'auriez-vous pas eu la pcnst'e que vous laimez aussi ?
uonTE^sE.
Moi, Marton?
Oui, c'est qu'elle m'est encore venue-, voyez.
HORTENSE
Franchement, c'est grand dommage que ses façons nuisent au mérite qu'il aurait.
HAETOW.
Si on pouvait le corriger !
HOKTENSE.
Et c'est à ((uoije voudrais tâcher; car, s'il m'aime i! faudra bien qu'il me le dise franchement , et qu'il se défasse d'une exiravagance dont je pourrais être la victime quand nous serons mariés ; sans quoi je ne l'épouserai point. Commençons par nous assurer qu'il n'aime point ailleurs, et que je lui plais; s'il m'aime j'aurai beau jeu contre lui, et je le tiens pourà moitié corrigé ; la peur de me perdre fera le reste. Je t'ouvre mon cœur; il me sera cher s'il devient raisonnable. Je n'ai pas trop le temps de réussir, mais il en arrivera ce qui pourra; essayons ; j'ai besoin de toi, tu es adroite; interroge son valet, qui me paraît assez familier avec son maître.
M An T OH.
C'est à quoi je songeais; mais il y a une petite difficulté à cette commission-là; c'est que le maître a gâté le valet, et Frontîn est le singe de Rosiinond ;
i46 LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,
ce faquin croit apparemmeat m*épouser aussi , et se donne j à cause de cela , les airs d'en agir cavalièrement et de soupirer tout bas^ car, de son cdtë, il m'aime.
Mais il te parle quelquefois.
MARTOir.
Oui, comme à une soubrette de campagne; mais n^importe, le voici qui vient à nous ; laissez-nons ensemble ; je travaillerai à le faire causer.
HOETENSE.
Surtout conduis-toi si adroitement, qu'il ne puisse soupçonner nos intentions*
MARTOH.
Ne craignez rien ; ce sera tout en causant que je m'y prendrai \ il m'instruira sans qu'il le sache ' .