‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 91 sur 333 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Sa physionomie est aimable.

HOHTENSE.

Tu as raison.

Il me paraît avoir de l'esprit.

HORTENSE

Je lui en crois beaucoup.

MARTOS.

Dans le fond même , on liiî sent un caraclùre d'Iioniiêle homme ',

HOHTENSE.

Je le pense comme loi.

MAHTUN.

Et, ht vue de pays, tout son défaut , c'est d cire ridicule. I

HORTESSE. J

El c'est ce qui me dcsesp^re, car cela glîlc tout. '

Je lui trouve de si soties façons avec moi ! On dirait qu'il dt.yaigne de me plaire, et qu'il croit qu'il ne serait pas du bon air de se soucier de moi parce qu'il m'(!pouse.... I

MARTOiy.

Ali ! madame, vous en parlez bien à voire aise. |

HORTENSE

Que veux-tu dire P EsL-ce que la raison même n'exige p;is un autre procédé que le sien ?

■ On lui senl un caratlire d'honnête homme. Ceci vît ilil pour

Eh ! oui , la raison ; mais c'est que parmi les jeune» gens du bel air, il n'y a rien de si bourgeois que d^étre raisonnable.

RORTEirsÈ.

Peut-être aussi ne suis-je pas de son goût.

Je ne suis pas de ce sentiment-là , ni vous non plus ; non : tel que tous le yoyetj il vous aime; ne Tai-je pas fait rougir hier, moi, parce que je Fài surpris comme il tous regardait à la dérobée attentivement? Voilà déjà deux ou trois fois que je le prends sur le fait.

HORTËN^E.

Je voudrais être bien sûre de ce que tu me dis là.

Oh! je m'y connais; cet homme -là vous aime, vous dis-je , et il n'a garde de s'en vanter, parce que vous n'allez être que sa femme ; mais je soutiens qu'il étouffe ce qu'il sent, et que son air de petit-maitre n'est qu'une gasconnade avec vous '.

HORTENSB.

Eh bien , je t'avouerai que cette pensée m'est venue comme à toi.

* Son air de petit-mattre n*est gu^ une gasconnade avec votu. Ainsi la fatuité de Rosimond nVst qu'on sacrifice à la mode et â la yanittf : c'est un trayen de Pcsprit , et non un yice du CQur. Le retour au bon sens est facile à prëroir.

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