ACTE I, SCÈNE I
SILVIA
De beauté et de bonne mine, je Ten dispense-^ ce sont là des agrëmens superflus.
Vertuchoux! si je me marie jamais, ce superflu -là sera mon nécessaire.
SILVIA
Tu ne sais ce que tu dis. Dans le mariage, on a plus souvent aflaire à Thomme raisonnable qu à Taimable homme; en un mot je ne lui demande qu'un bon caractère, et cela est plus difllcile à trouver qu'on ne pense. On loue beaucoup le sien; mais qui est-ce qui a vécu avec lui? Les hommes ne se contrefont-ils pas, surtout quand ils ont de Fesprit? N'en ai-je pas vu, moi, qui paraissaient avec leurs amis les meilleures gens du monde? C'est la douceur, la raison, l'enjouement même ; il n'y a pas jusqu'à leur physionomie qui ne soit garante de toutes les bonnes qualités qu'on leur trouve. Monsieur un tel a l'air d'un galant homme , d'un homme bien raisonnable, disaiton tous les jours d'Ergaste. Aussi l'est-il, répondaiton-, je l'ai répondu moi-même'; sa physionomie ne vous ment pas d'un mot. Oui, fiez-vous-y à cette physionomie si douce, si prévenante, qui disparait un quart d'heure après, pour faire place à un visage
' Je l'ai répondu moi-même. Ce ils qui ne se rapporte à rien de précis, est une inexactitude. Il e'iait facile desnbslitoer : J'ai fait moi" miéme une réponse temblable.
nous considérons avec tant de recueil
M. OBGON.
Que veut dire ce galimatias ? Une trait! Explicjuc-toi donc; je n'y enter
SILVI*.
Cest que j'cntittenais Lisette du femme maltraitée par son maii; je lui Tersandre, que je ti-ouvai l'autre jou parce que son mari venait de la quer< sais là-dessus mes réiU'xions,
LISETTE
/ Oui, nous parlions d'une physionoi
qni vient; nous disions qu'un mari poi
avec le monde, et une grimace avec ss
M. oiteoN.
De tout cela, ma fille, je comprends (