‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 126 sur 315 · ACTE II, SCENE VIL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIL

LISETTE

Je dis, madame, que je ne vous ai jamais vue comme vous êtes , et que je ne conçois rien à votre aigreur. Eh bien! si ce valet n'a rien dit, à la bonne heure ^ il ne faut pas vous emporter pour le justifier, je vous crois, voilà qui est fini; je ne m'oppose pas à la bonne opinion que vous en avez, moi.

SILVIA

' Voyez-vous le mauvais esprit ! comme elle tourne les choses! Je me sens dans une indignation... qui... va jusqu'aux larmes.

I LISETTE

En quoi donc, madame? Quelle finesse entendezvous à ce que je dis?

i SILVIA.

Moi, j'y entends finesse! moi, je vous querelle pour lui! j'ai bonne opinion de lui! Vous me man-. quez de respect jusque-là ! Bonne opinion , juste ciel ! bonne opinion ! Que faut- il que je réponde à cela? Qu'est-ce que cela veut dire? A qui parlezvous? Qui est-ce qui est à l'abri de ce qui ra'arrive? Où en sommes -nous'?

' Oh en sommet-nous ? Est-il possible d^ezprimer avec plus de TÎTacité les combats que se lirre à elle-même la pauvre SiWia, déjà trop certaine d^aimer Thomme qaVlle prend pour un valet, et furieuse de ce qu'un secret qui doit lui paraître honteux, n'ait point échappe à la pénétration de Lisette ?

336 LE JEU DE L'AMOUR ET DU IIASAItD, ■

LISETTE

Jo n'en sais rien; mais je ne reviendrai Je longtemps de la surprise où vous me jetez.

SILVIA

ILlIc a des façons de parler qui me mettent hors de moi. Retirez-vous; vous m'êtes insupportable; laissez-moi; je prendrai d'autres mesures.

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