‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 13 sur 315 · SCENE III. ny · texte numérisé non relu

SCENE III. ny

GLÉÂNTHI8.

Vous 8oavenez*vous d'un soir où vous étiez avec ce cavalier si bien fait? j'étais dans la chambre'-, vous vous entreteniez bas*, mais j'ai Toreille fine*, vous vouliez loi plaire sans faire semblant de rien *, vous parliez d'une femme qu'il voyait Souvent. Cette femmelà est aimable, disiez -vous; elle a les yeux petits, mais très-doux : et là-dessus vous ouvriez les vôtres, vous vous donniez des tons, des gestes de tête, de petites contorsions, des vivacités. Je riais. Vous réussites pourtant , le cavalier s'y prit ^ il vous offrit son cœur. A moi? lui dites-vous. Oui, madame, à vousmême, à tout ce qu'il y a de plus aimable au monde. Côntiniiez, folâtre, continuez, dites -vous, en ôtant vo^ gants sons prétexte de m'en demander d'autres. Mais vous avez la main belle ^ il la vit, il la prit, il la baisa; cela anima sa déclaration*, c'étaient là les gants que vçus demandiez. Eh bien! y suis-je?

TRI VELIN, àEaphrocine.

En vérité, elle a raison.

CLÉÂIfTHIS.

Écoutez , écoutez ; voici le plus plaisant. Un jour qu'elle pouvait m'entendre, et qu'elle croyait que je ne m'en doutais pas, je parlais d'elle, et je dis : Oh ! pour cela il faut l'avouer, madame est une des plus

■ J'étais dans la chambre. Circonstance adroitement ménagée pour atténuer la TÎTaeîté de la situation. La dâicatesse dIEuphroaine mt sauTëe; eU« n^était point en téte-à-téte.

a8 L'ILE DES ESCLAVES,

belles i'eniines du monde. Qtie ilc bontt^s, pendant huit jours, ce petit mot-là ne me vaJut-il pas! i'e«snyal en pareille occasion de dire ijue nudamc ëUit une l'emme irt^-raisonnaUe; ohl je ti'eus rien, ceU ne prit point-, c'était bien (iiit, car je U flattais.

Monsieur, je no resterai point, ou l'on me fera rester par rorce^ je ne puis en soalîrir davantage.

TtlVELIH.

En voilà donc assez pour Je prient.

CLÉAKTBIS.

J'allais parler des vapeurs de mifçnardise auxquelles madame est sujette à la moindre odeur. FJie ignore qu'un jour je mis à son iiisu des (leurs dans la ruelle de son bt pour voir ce qu'il en serait. J'atten-

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