‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 132 sur 315 · ACTE II. SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE XI

de vous permettre votre dëgtiisement , il faut, s'il vous plaît, que vous ayez celle de suspendre votre jugement sur Dorante, et de voir si Faversion qu'on vous a donnée pour lui est légitime.

SILVIA

Vous ne m*ëcoiitez donc point, mon père? Je vous dis qu'on ne me Fa point donnée.

MARIO

Quoi! ce babillard qui vient de sortir ne t'a pas un peu dégoûtée de lui ?

SILVIÀ, avec feu.

Que VOS discours sont désobligeants! m'a dégoûtée de lui ! dégoûtée ! J'essuie des expressions bien étranges; je n'entends plus que des choses inouïes, qu'un langage inconcevable; j'ai l'air embarrassé, il y a quelque chose; et puis c'est le galant Bourguignon qui m'a dégoûtée. C'est tout ce qui vous plaira, mais je n'y entends rien.

MARIO

Pour le coup, c'est toi qui es étrange. A qui en aslu donc? D'où vient que tu es si fort sur le qui vive? , Dans quelle idée nous soupçonnes -tu ?

SILVIA

Courage, mon frère! Par quelle fatalité aujourd'hui ne pouvez -vous me dire un mot qui ne me choque?' . Quel soupçon voulez-vous qui me vienne ? Avez-vous (les visions?

M. ORGOK,

Il est vrai que lu es si agitée , que je ne te recon-

a4S tE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD,

nais poinl non plus. Ce sont apparemment ces moavemens-là qui sont cause que Lisette nous a parlé comme elle a fait. Elle accusait ce valet de ne l'avoir pas entretenue k l'avantage de son maître, et madame, nous a-t-ellc dit, l'a défendu contre moi avec tant de colère, que j'en suis encore toute surprise. C'est sur ce mot de surprise ijue nous l'avons querellée; mais ces gens-là ne savent pas la conséquence d'un mol.

SILVIt.

L'impertinente! y a-t-il rien de plus haïssable qmr cette fdie-là? J'avoue que je me suis fiichée par un esprit de justice pour ce garçon.

Je ne vois point de mal à cela,

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