ACTE II. SCÈNE XI
de vous permettre votre dëgtiisement , il faut, s'il vous plaît, que vous ayez celle de suspendre votre jugement sur Dorante, et de voir si Faversion qu'on vous a donnée pour lui est légitime.
SILVIA
Vous ne m*ëcoiitez donc point, mon père? Je vous dis qu'on ne me Fa point donnée.
MARIO
Quoi! ce babillard qui vient de sortir ne t'a pas un peu dégoûtée de lui ?
SILVIÀ, avec feu.
Que VOS discours sont désobligeants! m'a dégoûtée de lui ! dégoûtée ! J'essuie des expressions bien étranges; je n'entends plus que des choses inouïes, qu'un langage inconcevable; j'ai l'air embarrassé, il y a quelque chose; et puis c'est le galant Bourguignon qui m'a dégoûtée. C'est tout ce qui vous plaira, mais je n'y entends rien.
MARIO
Pour le coup, c'est toi qui es étrange. A qui en aslu donc? D'où vient que tu es si fort sur le qui vive? , Dans quelle idée nous soupçonnes -tu ?
SILVIA
Courage, mon frère! Par quelle fatalité aujourd'hui ne pouvez -vous me dire un mot qui ne me choque?' . Quel soupçon voulez-vous qui me vienne ? Avez-vous (les visions?
M. ORGOK,
Il est vrai que lu es si agitée , que je ne te recon-
a4S tE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD,
nais poinl non plus. Ce sont apparemment ces moavemens-là qui sont cause que Lisette nous a parlé comme elle a fait. Elle accusait ce valet de ne l'avoir pas entretenue k l'avantage de son maître, et madame, nous a-t-ellc dit, l'a défendu contre moi avec tant de colère, que j'en suis encore toute surprise. C'est sur ce mot de surprise ijue nous l'avons querellée; mais ces gens-là ne savent pas la conséquence d'un mol.
SILVIt.
L'impertinente! y a-t-il rien de plus haïssable qmr cette fdie-là? J'avoue que je me suis fiichée par un esprit de justice pour ce garçon.
Je ne vois point de mal à cela,