‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 133 sur 315 · ACTE II, SCÈNE XL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XL

contre elle , à cause de la conséquence de ce qu'elle dit ! Mon parti ! J'ai donc besoin qu'on me défende, qu'on me justifie ! On peut donc mal interpréter ce que je fais ! Mais que fais-je? de quoi m'accuse-t-on? Instruisez - moi , je vous en conjure *, cela est sérieu:^. Me joue-t-on? se moque-t-on de moi? Je ne suis pas tranquille.

M. ORGON

Doucement donc.

SILVIA

Non, monsieur, il n'y a point de douceur qui ^ tienne. Comment donc! des surprises, des conséquences! Eh! qu'on s'explique! qûe.Téut^on dire? On accuse ce valet, et on a tort^ vous vou<^ trompez tous, Lisette est une folle, il est innocent, et voilà qui est fmi. Pourquoi donc m'en reparler encore? Je suis outrée!

M. ORGOIÎ.

Tu te retiens, ma fille; tu aurais grande envie de me quereller aussi. Mais faisons mieux-, il n'y a que ce valet qui soit suspect ici. Dorante n'a qu'à le chasser.

SILVIA

Quel malheureux déguisement ! Surtout que Lisette ne m'approche pas-, je la hais plus que Dorante.

M. OKGON.

Tu la verras, si tu veux' -, mais tu dois être charmée

* Tu la 'Verras si tuveux. Je soupçonne fort quHI j a dans le teite : Tu la renverras. Tu la verras ne fait aucun sens.

35o LE JEU DE L'AMOUR ET DD BASULD,

que ce garçon s'en aille; car il t'aime, et cela portime assarément.

Je n'ai point Ji m'en plaindre; il me prend poor une suivante, eL il me parle iur ce lon-l.'i : maïs il ne me dit pas ce qu'il veut, j'y mets bon ordre.

Tu n'en es pas tant la maîtresse que tu le dis bien. M, oiiaon.

^~e l'avons-nous pas vu se mettre à genoux maigri: toi? N'as-tu pas été obligée, pour le faire lever, de lui dire qu'il ne te déplaisait ]tas?

J'étouffe !

Page 1