‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 141 sur 315 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

mais , sans doute , vous ne venez pas exprès pour me traiter de ridicule, et vous aviez autre chose à me dire ? Nous parlions de Lisette, de mon inclination pour elle, et de l'intérêt que vous y prenez.

MARIO

Comment, morbleu ! il y a déjà un ton de jalousie dans ce que tu me réponds ! Modère- toi un peu. Eh bien ! tu me disais qu'en supposant que Lisette eût du goût pour toi... après?

DORANTE

Pourquoi faudrait-il que vous le sussiez, monsieur?

MARIO

Ah î le voici ; c'est que , malgré le ton badin que j'ai pris tantôt, je serais très -fâché qu'elle t'aimât-, c'est que, sans autre raisonnement , je te défends de t'adresser davantage à elle ; non pas daiis le fond que je craigne qu'elle t'aime , elle me parait avoir le cœur trop haut pour cela^ mais c'est qu'il me déplaît, à moi, d'avoir Bourguignon pour rival.

Ma foi, je vous crois-, car Bourguignon , tout Bourguignon qu'il est , n'est pas même content que vous soyez le sien.

MARIO

Il prendra patience.,

DORANTE

Il faudra bien; mais, monsieur, vous l'aimez donc beaucoup?

M L>^ iEV DE li'AMOUK ET OU HASAIW,

Assez pour m' attacher sérieasemenl i elle, «16» qtu ' j'aurai pris de certaines mesures. Coupire«ds-lu ce que cela signifie ?

Oui, je crois que je suis au fait; sur ce pic(]-U vous Iles aimé sans doute ?

Qu'en penses-tu? Est-ce que je ne vaux pas la peine de l'être ?

DOKAItTE.

Vous ne vous attendez pas à être loué par vos propres rivaux, peut-être ?

La rëoonse est de bon sens . ic te la oardonne : mais

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