ACTE II, SCÈNE XI
' PHOCIOlf.
Mais je connais cette personne-4à , je pense.
ÀGI8.
Cela ne vous est pas difficile *, quand vous êtes venue ici, vous savez que je n'aimais rien.
PHOCIOIî.
Oui 5 et depuis que j'y suis , vous n'avez vu que moi.
AGIS
Concluez donc.
PHOCIOlf.
Eh bien ! c'est moi *, cela va tout de suite.
AGIS
Oui , c'est VOUS , Aspasie ; et je vous demande à quoi j'en suis.
PHOCION
Je n'en sais pas le mot^ dites -moi à quoi j'en suis moi-même*, car je suis dans le même cas pour quelqu'un que j'aime.
AGIS
¥h ! pour qui donc , Aspasie ?
PHOCION
Pour qui? Les raisons qui m'ont fait conclure que vous m'aimiez , ne nous sont-elles pas communes , et ne pouvez-vous pas conclure tout seul ?
AGIS
Il est vrai que vous n'aviez point encore aimé quand vous êtes arrivée.
pBocion.
Je ne suis plus de mérae, et je n'ai vu que vous. Le reste est clair.
C'est donc pour moi que votre ojeur est en peine,
Aspasie ?
PBOCion.
Oui; mais tout cela ne nous rend pas plus savans;
nous nous aimions avant d'être inquiets ; nous ai- '
nions-nous de même, ou différemment? C'est de quoi ^
il est question. '
Si nous nous disions ce que nous sentons , peut-^lre ^claircinons-nouB la chose.