ACTE II, SCÈNE XI
n'en ira pas mieux, et que voilà encore des yeux qui ne me pronostiquent rien de bon là-dessus.
AGIS
Ils TOUS regardent avec un grand plaisir, avec un plaisir qui va jusqu'à Témotion.
PHOGION.
Allons, allons, c'est de l'amour; il est inutile de vous interroger davantage.
AGIS
Je donnerais ma vie pour vous ; j'en donnerais mille, si je les avais.
PHOCIOV*
Preuve sur preuve; amour dans Fexpression , amour dans les sentimens, dans les r^ards, amour s'il en fut jamais.
▲ GIS
Amour, comme il n'en est point, peut-être. Mais je vous ai dit ce qui se passe dans mon cœur , ne saurai-je point ce qui se passe dans le vôtre ?
PHOCIOM.
Doucement , Agis ; une personne de mon sexe parle de son amitié tant qu'on veut, mais de son amour jamais. D'ailleurs, vous n'êtes déjà que trop tendre, que trop embarrassé de votre tendresse ; et si je vous disais mon secret, ce serait encore pis.
3j2 LE TRIOMPHE OE L'AMOL'Il,
AGIS
Vous avez parld de mw yeux; il semble que Ica \otrcs m'apprennent que vous n'êtes pas insensible.
fsacto».
Oli ! pour mes ycnx, je n'en ri^ponds point; ils
peuvent bii3ii vous dire «[ue je vous aime; mais je
n'aurai pas à me reproeher de vous l'avoir dit, moi.
Agis.
Juste ciel! d.nns quel abîme do passion te charme
de ce discours me jette! Vos sentimcns ressemblent
aux miens.
pnocioM.
Oui, cela est vrai; vous l'avez devin<i, et ce n'est pas ma faute. Mais ce n'est pas le tout que d'aimer.