‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 199 sur 315 · ACTE II, SCÈNE XII. B^S · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XII. B^S

PfiOCIOlf.

Ah ! seigneur , n^avez-vous qq^ ces armes-là contre moi? Vous augmentez mes faiblesses en expo^ sant l'opprobre dont vous avez Timpitoyable courage de couvrir les vôtres. Vous dites que vous n^étes point sage, et vous étonnez ma raison par la preuve sublime que vous me donnez du contraire.

HERMOCRÀTE.

Attendez, madame. M'avez- vous cru en état de subir tous les ravages que Tamour fait dans le cœur des autres hommes ? Eh bien ! Fâme la plus vile, les amans les plus vulgaires, la jeunesse la plus folle, n'éprouvent point d'agitations que je n'aie senties. Inquiétudes, jalousies, transports, m'ont agité tour à tour. Reconnaissez- vous Hermocrate à ce portrait? L'univers est plein de gens qui me ressemblent. Perdez donc un %mour que tout homme pris au hasard mérite autant que moi , madame '.

' Perdez-^onc un amour que tout homme pris au hasard mérite autant que mùi , madame, Hermocrate est prés de succomber , il le sent; mais il fait un dernier effort pour conserver sa n^nlation de sagesse, même aux dépens de son amourr Gomme il est persuade que ses vertus supposées sont les seuls charmes qui Pont fait aimer de la pre'tendue Aspasie, il se décide à lui avouer qu'il n^a toujours eu qu^une fausse sagesse. Peu lui importe d'être avili aux jeux de celle dont il se croit adore, pourvu quMl puisse ainsi échapper aux liens d^un amour qu'il ne peut plus combattre, et sauver du moins les apparences pour le reste du monde qu'il a jusqu'alors trompé.

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