ACTE III, SCÈNE VU
HERMOCRATE
Comment donc! c'est un sentiment sur qui tout roule.
AGIS
Un sentiment qui pourrait bien se venger un jour du mépris que vous en avez fait.
HERMOCRATE
Vous m'en menacez trop tard.
Pourquoi donc ?
Je suis puni.
Sérieusement !
HERMOCRATE
AGIS
HERMOCRATE
Faut-il vous dire tout? Préparez- vous à me voir changer bientôt d'état \ à me suivre , si vous m'aimez ; je pars aujourd'hui , et je me marie.
AGIS
Est-ce là le sujet de votre embarras ?
HERMOCRATE
Il n'est pas agréable de se dédire , et je reviens de loin.
AGIS
Et moi je vous en félicite^ il vous manquait de connaître ce que c'était que le cœur.
HERMOCRATE
l'en ai reçu une leçon qui me suflit , et je ne m'y
4o(i LE TRIOMPHE D£ L'AMOUR,
tromperai plus. Sî vous saviez au reste avec quel exois d'nmour, avec quelle industrie de passion on estvena nif surprendre, vous auf;urcricn mal d'un cœur qoi ot se serait pas rendu, La sagesse n'instruit point i être ingrat, et je l'aurais <:té. On mo voit plusieurs fou dans la foret; on prenil du penchant pour moi; oa essaie de s'en débarrasser, on ne saurait. On se rt^outà me parler ; mais ma réputation intimide. Pour ne point risquer un mauvais accueil , on se déguise , on change d'ii.ibit, on devient le plus beau de tous les bommciî on arrive ici , on est reconnu. Je veux qu'on se redre; je crois même que c'est ii vous que l'on en veut; on me jure que non. Pour me convaincre , on me dit : Jft vous aime; en doutez-vous? Ma main, ma fortune, tout est à vous avec mon creur. Donnez-moi le vôlre ou périssez le mien; cédez à mes senlimens, on ap-