SCÈNE VII
HERMOCRATE, AGIS
HERMOCRATE
Arrêtez, prince, il faut que je vous parle.... Je ne sais par où commencer ce que j'ai à vous dire.
AGIS
Quel est donc le sujet de votre embarras, seigneur?
HERMOCRATE
Ce que vous n'auriez peut-être jamais imaginé, ce que j'ai honte de vous avouer*, mais ce que, toute réflexion faite, il faut pourtant vous apprendre.
AGIS
A quoi ce discours-là nous prépare-t-il ? Que vous serait-il donc arrivé ?
HERMOCRATE
D'être aussi faible qu'un autre.
AGIS
Kh ! de quelle espèce de faiblesse s' a^l-îl , seigneur?
Hf.KMOCRATF..
De la plus pardonnable pour tout le monde, di' b plus comnitme ; mais de la plus inallcndue chez mm. Vous savez ce que je pensais de la passion qu'on appelle amour.
AOIS.
F.t il me semble que vous exagéne?. un peu li-
dessus.
HERMOCnjlXK.
Oui, cela se peut bien; mais que voulez-vous? Un solitaire qui mëdite , qui étudie, qui n'a de commerce qu'avec son esprit, et jamais avec son cœur; un homme enveloppé de l'austéritii de ses mœurs, n'ert gu^-rc en citât de porter son jugement sur certaines