‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 25 sur 315 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

coutume ou à m'en afiranchir, et qui m'eût pénétre moi-même de la plus vive reconnaissance !

ÀRLEQVIir.

Tu as raison, mon ami; tu me remontres bien mon devoir ici pour toi *, mais tu n*as jamais su le tien pour moi ' , quand nous étions dans Athènes. Tu veux que je partage ton affliction , et jamais tu n as partagé la mienne. Eh bien! va, je dois avoir le cœur meilleur que toi *, car il y a plus long - temps que je souffre et que je sais ce que c'est que de la peine. Tu m'as battu par amitié, tu le dis^ je te le pardonne; je t'ai raillé par bonne humeur; prends*- le en bonne part , et fais-en ton profit. Je parlerai en ta faveur à mes camarades ; je les prierai de te renvoyer , et , s'ils ne le veulent pas , je te garderai comme mon ami -, car JQ ne te ressemble pas, moi; je n'aurais point le courage d'être heureux à tes dépens.

IPHICRAT^, s'approcluQt d'Arlequin.

Mon cher Arlequin , fasse le ciel , après ce que je viens d'entendre, que j'aie la joie de te montrer un jour les sentiments que tu me donnes pour toi ! Va , mon cher enfant, oublie que tu fus mon esclave, et je me ressouviendrai toujours que je ne méritais pas d'être ton maître^

■ Mon devoir ici pour toi le tien pour moi» Il serait plus correct

de dire : mon devoir ici à ton égard le tien a Tëgard de ton

esclave.

ARLEQUIN

jNe dites donc point comme cela, mon cher patron. Si l'avais cti- votre pareil, je n'aurais peut-être pas miens valu que vous. C'est à moi à vous demander pardon du mauvais service que je vous ai toujours rendu '■ Quand vous nVHiez pas raisonnable, c'était ma faute.

IPUICHATE, OmbraiMKI.

Ta fjënérositë me couvre de confusion.

ARLEQUIS.

Mon pauvre patron , qu'il y a de plaisir à bien faire!

Que fais-tu, mon cher ami?

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