ACTE II, SCÈNE XI
LA COMTESSE
Vous êtes un opiniâtre louangeur! Eh bien! monsieur, cette femme que vous louez tant, jalouse de moi parce que le chevalier la quitte , comme si c'était ma faute, va, pour m'attaquer pourtant , chercher de petits détails qui ne sont pas en vérité dignes d'une incomparable telle que vous la faites , et ne croit pas au-dessous d'elle de détourner un valet d'aimer une . suivante. Parce qu'elle sait que nous voulons les marier^ et que je m'intéresse à leur mariage, elle imagine, dans sa colère, une Marton qu'elle jette à la traverse 5 et ce que j'admire le plus dans tout ceci, c'est de vous voir vous-même prêter les mains à un projet de cette espèce, vous-même, monsieur.
DORANTE
Eh ! pensez-vous que la marquise ait cru vous offenser, et qu'il me soit venu dans l'esprit, à moi, que VOUS vous intéressiez encore à ce mariage? Non, comtesse. Arlequin se plaignait d'une infidélité que lui faisait Lisette. U perdait, disait-il, sa fortune. On prend quelquefois part aux chagrins de ces gens-là. La marquise, pour le dédommager, lui a, par bonté, proposé le mariage de Marton qui est à elle ^ il l'a acceptée , l'en a remerciée -, voilà tout ce qui en est.
LE CHEVALIER
La réponse mé persuade -, je les crois sans malice. Que sur ce point la paix se fasse entre les puissances , et que les subalternes se débattent.
Attendez, madam iet est peut-être là...,
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