ACTE m, SCENE YI
LISETTE
Je n*y comprends rien.
LA COXTB9SB.
Oui, je les avais; je ne m'embarrassais ni de ses plaintes ni de ses jalousies -, je riais de ses reproches, je dëfiais son cœur de me manquer jamais '. Je me plaisais à Tinquiëter impunément; c'était là mon idë#', je ne le ménageais point. Jamais on ne vécut dans une sécurité plus obligeante ; je m'en applaudissais, elle faisait son éloge. Et cet homme, après cela, me laisse ! Est-il excusable ?
LISETTE
Calmez -vous donc, madame; vous êtes dans une désolation qui m'afflige. Travaillons à le ramener, et ne crions point inutilement contre lui. Commencez par rompre avec le chevalier. Voilà déjà deux fois qu'il se présente pour vous voir, et que je le renvoie.
LA COMTESSE
J'avais pourtant dit à cet importun-là de ne point venir, que je ne le fisse avertir.
LISETTE
Qu'en voulez-vous faire ?
LA COMTESSE
Oh ! le haïr autant qu'il est haïssable; c'est à quoi
* Je défiai* son cœur de me manquer jamais, C*ett ane singulière réminiscence de ce que dit Oreste dans la première scène ^Andromoque :
J« d«fiaù MS jMS d» a« tromper jaman.
Saî L'IIKUREUX STRATAGEME,
jf le lifjstliiL', je L'assure. Mais il faut pourtant qneje \e voie, Lisette; j'ai besoin de lui dans tout ced, I.:usso-le venir; va mênie le chercher,
LISETTE
Voici mon père; sachons auparavant ce qu'il veut.