‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 314 sur 315 · ACTE III, SCÈNE X. Sgî · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE X. Sgî

que pour éprouver son cœur. Il vous en a coûté dçs sentimens pour moi \ vous m'aimez, et j'en suis fâchée ; mais votre amour servait à mes desseins. Vous avez à ^

vous plaindre de lui , marquise -, j'en conviens. Son cœur s'est un peu distrait de la tendresse qu'il vous devait-, mais il faut tout dire. La faute qu'il a faite est excusable , et je n'ai point à tirer vanité de vous l'avoir dérobé pour quelque temps. Ce n'est point à mes charmes qu'il a cédé, c'est à mon adresse. Il ne me trouvait pas plus aimable que vous; mais il m'a crue plus prévenue, et c'est un grand appât. Quanta vous. Dorante, vous m'avez assez mal payée d'une épreuve aussi tendre. La délicatesse de sentimens qui m'a persuadée de la tenter, n'a pas lieu d'être trop satisfaite-, mais peut-être le parti que vous avez pris vient-il plus de ressentiment que de médiocrité d'a-^ mour. J'ai poussé les choses un peu loin; vous avez pu y être trompé ; je ne veux point vous juger à la rigueur ; je ferme les yeux sur votre conduite, et je vous pardonne.

LA MARQUISE, riant.

Âh ! ah ! ah ! Je pense qu'il n'est plus temps , madame; du moins je m'en flatte. Mais tenez, si vous

ner son amant sous sa loi. Si celui-ci sVmpressaît de légitimer cette orgueilleuse confiance , il pourrait bien retrouver un tyran dans une mattresse trop assurée désormais du pouvoir inévitable de ses char* mes. En supposant même qu^il n^eût plus rien à craindre de semblable, toujours est-il que la comtesse n'a pas été assez punie. Aussi It marquise lui réserve une dernière, une terrible leçon.

594 L'HEUREUX STRATAGKME

m'en croyc?., vous serez encore plus généreuse; voni

ire?, jusqu'à lui pardonner les nœuds qui vonl

unir.

Uk COMTESSE.

Et moi, Dorante, vons me perdez pourjamaif â vous hésitez un instant.

LB CHEVALIER

Je démande audience. 3é perds madame la i quisc, et j'aurais tort dé m'en plaindre. Je raé trouvé détaillant dé fidélité; je né sais comment, car lé mérite dé madame m'en fournissait abondance; et c'est un malheur qui mé passe. En uu mot, jt: innd(:lc, je m'en accuse; mais je suis vrai, je ra*ea vante. Il né tiendrait qu'à moi d'user dé représailles, et dé dire à madame la comtesse : Vous mé trompicx, je vous trompais, jtfaj^jéa^jftij

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