‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 34 sur 315 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

noute sorte. J' aurons besoin de laquais, retenons d'abord ceti-là \ je bariolerons nos casaques de la couleur de son habit *.

CLAUDINE

Prenons, retenons, bariolons; c'est fort bian fait^ mon poulet.

BLAISE

Voulez-vous me sarvir, mon ami , et avez-vous sarvi de gros seigneurs ?

ARLEQUIN

Bon! il y a huit ans que je suis à la cour.

BLAISE

A la cour! v'ià bian noute affaire : je li baillerons ma fille pour apprentie*, il la fera courtisane *.

ARLEQUIN, À part.

Us sont encore plus bêtes que moi : profitons -en. (Haut.) Oh! laissez -moi faire, monsieur-, je suis admirable pour élever une fille; je sais lire et écrire dans le latin, dans le français; je chante gros comme un orgue ; je fais des complimens : d'ailleurs je verse à boire comme un robinet de fontaine. J'ai des perfections charmantes. J'allais à mon village voir ma sœur;

' Je bariolerons nos casaques de la couleur de son habit. JVos casaques, c^est-â-dire les casaques de nos laquais. Il est tout simple qu^uo pajsan u'iraagioo rien de plus beau pour sa lirrëe que les couleurs bigarrées d'un habit d'Arlequin.

* Mauvais jeu de mots, d'autant plus mauvais, qu'un villageois, ne connaît aucune des deux acceptions du mot de courtisane.

74 L'IimilTIim DE VILLAGE,

mais si vous me prenez, je laî ferai mes excuses par

lettre.

DLAISB. k

Je vous prends, v'ià qui esl fait. Je sîs voire maître, et vous êtes mon sarvitctir,

ARLEQUII).

Serviteur irès-humble, très -obéissant cl trôs-gaîU lard Arlequin ; c'est le nom du personnage.

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