‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 44 sur 315 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LE CHEVALIER, lire à part madame Damit.

Cousine, sentez- vous mon projet? Cette canaille a cent mille francs^ vous êtes veuve, je suis garçon; voici un fils, voilà une fille ^ vous n'êtes pas riche, mes finances sont modestes \ les Icigitimes de la Garonne , vous les connaissez ^ proposons d'épouser. Ce sont des villageois ; mais qu'est-ce que cela fait ? Regardons le tout comme une intrigue pastorale-, le mariage sera la fm d'une églogue. Il est vrai que vous êtes noble ^ moi, je le suis depuis le premier homme; mais les premiers hommes étaient pasteurs; prenez donc le pastoureau, et moi la pastourelle. Us ont cinquante mille francs chacun, cousine; cela fait de belles houlettes. En voulez-vous votre part? Eh donc! Colin est jeune, et sa jeunesse ne vous mésiéra pas.

m"* damis.

Chevalier, l'idée me parait assez sensée; mais la démarche est humiliante.

LE CHEVALIER

Cousine , savez-vous souvent de quoi vit l'orgueil de la noblesse ? de ces petites hontes qui vous arrêtent. La belle gloire, c'e^ la raison, cadédis; ainsi j'a^^ chève. (A Biaise été sa femme.) Mousicur et madame Biaise, si ces aimables enfans voulaient se promener un petit tour à l'écart , je vous ouvrirais une pensée qui me paraît piquante.

BLAISE

Holà! précepteur, boutez de la marge entre nous; convarsez à dix pas.

(Les enfans so retirent après avoir salue la compagnie qui les salue aussi.)

ga L'HERITIER DE VILLAGE,

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