‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 46 sur 315 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

gnenrie , grand château , ancien comme le temps , un peu délabré; mais on le maçonne. Or, elle vient de jeter sur monsieur Colin un regard, que si le défunt en avait vu la friponnerie , je lui en donnais pour dix ans de tremblement de cœur ^ ce regard , vous Tentendez, camarade?

BLÀISE.

Oh dame ! noute fils , c'est une petite face aussi bien troussée qu'il y en ait.

LE CHEVALIER

Vous y êtes , et la cousine rougit.

m"* damis.

En vérité, chevalier, vous êtes un indiscret.

BLAÎSE.

Oh! il n^ a pas de mal à ça, madame; ça est grandement naturel.

claudiue.

Oh ! pour ça , faut avouer que Colin est biau \ n'en dit partout qu il me ressemble.

m"" damis.

Beaucoup.

Je le garantis beau; je vous soutiens plus belle.

BLAISE

Oui, oui, madame est prou gentille, mais je ne voyons rian de ça, moi , car ce n'est que ma femme; poursuivez.

L»; CMEViiLIKll.

Je vous disais donc que mailanie a regardé monsieur Colin , qu'elle le parcourait en le regardant, et semblait dire ; Que n'i!les - vous à moi , le petit bonhomme! Que vous seriez bien mon fait! Là-dessus je me suis mis '.i rcfçarder mademoiselle Colette; la denioisoUe en même temps a tourné les yeux sur moi. Tourner les yeui sur quelqu'un, rien n'est plus simple, ce semble; cependant du touvnement d*ycax dont je parle, de la beauté dont ils étaient, de ses eharmes et de sa douceur, de l'émotion que j'ai sentie, ne m'en demandez point de nouvelles, voyezvous! l'expression me manque, je n'y comprends rien. Est-ce votre fdie, est-ce l'Amour qui m'a regardé? Je n'en sais rien; ce sera ce que l'on voudra; je parle d'un prodige, je l'ai vu, j'en ai fait l'épreuve.

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