SCENE VI
ARMIDAS.
Monsieur, vous ne pouviez manquer d'être bien venu sous les auspices de monsieur Ergaste, que j'estime beaucoup. Je suis fâché de n'être pas venu plus tôt^ mais j'ai été occupé d'une affaire que je voulais finir.
PLUTUS
Ah ! pour une affaire -, voulez-vous bien me la dire ? C'est que j'ai des expédiens pour les affaires, moi.
ARMIDAS.
Eh bien ! monsieur, c'est une terre que j'ai, assez éloignée d'ici , qui n'est pas à ma bienséance , et que je voudrais vendre. J'ai dessein de marier ma nièce près de moi , et je lui donnerai en mariage le provenu de la vente. Cette terre est de vingt mille écus ^ mais la personne qui la marchande ne veut m'en donner que quinze, et nous ne saurions nous accommoder.
■ PLUTUS
Touchez là , monsieur Armidas.
ARMIDAS.
Comment !
PLUTUS
Touchez là.
ARMIDAS.
Que voulez-vous dire?
PLUTUS
La terre est à moi, et l'argent à vous. Je vais vous la payer.
ARMIDAS.
Mais , monsieur, j'ai peine à vous la vendre de cette 4* 10
i46 LE TRIOMPHE DE PLUTUS,
manière; vous ne l'avez pas vae, et tous n'aïmeria peut-être pas le pays où elle est «ilu^c.
rLtJTVS.
Point du tout; j'aime tous It-s pays, moi; n'est-ce *| pas (les arbres et des campagnes partout ?
AKMin*A.
Je TOUS en donnerai le plan , st vous voulez.
Je ne m'y connais pas; il suffit, c'est mie terre; je ne l'ai point vue, mais je vous vois; vous avez la physionomie d'un honnête homme, el votre terre vous ressemble.
AnMIDlS.
Puisque vous le voulez, monsieur, j'y