‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 77 sur 315 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

ARMIDAS.

Monsieur, vous ne pouviez manquer d'être bien venu sous les auspices de monsieur Ergaste, que j'estime beaucoup. Je suis fâché de n'être pas venu plus tôt^ mais j'ai été occupé d'une affaire que je voulais finir.

PLUTUS

Ah ! pour une affaire -, voulez-vous bien me la dire ? C'est que j'ai des expédiens pour les affaires, moi.

ARMIDAS.

Eh bien ! monsieur, c'est une terre que j'ai, assez éloignée d'ici , qui n'est pas à ma bienséance , et que je voudrais vendre. J'ai dessein de marier ma nièce près de moi , et je lui donnerai en mariage le provenu de la vente. Cette terre est de vingt mille écus ^ mais la personne qui la marchande ne veut m'en donner que quinze, et nous ne saurions nous accommoder.

■ PLUTUS

Touchez là , monsieur Armidas.

ARMIDAS.

Comment !

PLUTUS

Touchez là.

ARMIDAS.

Que voulez-vous dire?

PLUTUS

La terre est à moi, et l'argent à vous. Je vais vous la payer.

ARMIDAS.

Mais , monsieur, j'ai peine à vous la vendre de cette 4* 10

i46 LE TRIOMPHE DE PLUTUS,

manière; vous ne l'avez pas vae, et tous n'aïmeria peut-être pas le pays où elle est «ilu^c.

rLtJTVS.

Point du tout; j'aime tous It-s pays, moi; n'est-ce *| pas (les arbres et des campagnes partout ?

AKMin*A.

Je TOUS en donnerai le plan , st vous voulez.

Je ne m'y connais pas; il suffit, c'est mie terre; je ne l'ai point vue, mais je vous vois; vous avez la physionomie d'un honnête homme, el votre terre vous ressemble.

AnMIDlS.

Puisque vous le voulez, monsieur, j'y

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