‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 106 sur 316 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

pour m*attraper? Allez, mon fils, vous n'êtes qu'un butor. Gardez vos filles ; nous ne nous accommoderons pas^ vous êtes trop cher.

TRIVELIN

Savez- vous bien que le mariage que je vous propose vous acquerra Tamitië du prince?

ARLEQUIIV.

Bon ! mon àmi ne serait pas seulement mon camarade.

TRIVELIN

Mais les richesses que vous promet cette amitié. . .

On n'a que faire de toutes ces babioles -là, quand on se porte bien , qu'on a bon appëtit et de quoi K vivre.

TRIVELIN

Vous ignorez le prix de ce que vous refusez.

ARLEQUIN

C'est à cause de cela que je n'y perds rien.

TRIVELIN

Maison à la ville, maison à la campagne.

ARLEQUIN

Ah ! que cela est beau ! il n'y a qu'une chose qui m'embarrasse ; qu'est-ce qui habitera ma maison de ville , quand je serai à ma maison de campagne ?

TRIVELIN

Parbleu ! vos valets.

i88 LA DOUBLE INCONSTANCE,

ÀRLEQUIlf.

Mes yalets ? Qu'ai-je besoin de faire fortane pour ces canailles - là ? Je ne pourrai donc pas les habiter toutes à la fois ?

TKIYELIN.

Non , que je pense \ vous ne serez pas en deux endroits en même temps.

ÂRLEQUIlf.

Eh bien ! innocent que vous êtes, si je n'ai pas ce secret-là , il est inutile d'avoir deux maisons.

TRIVELIir.

Quand il vous plaira , vous irez de Tune à Fautre.

ARLEQUIN

A ce compte , je donnerai donc ma maltresse pour avoir le plaisir de dtiménager souvent?

TRIVELIN

Mais rien ne vous touche \ vous êtes bien étrange ! Cependant tout le monde est charmé d'avoir de grands appartemens , nombre de domestiques...

ARLEQUIN

Il ne me faut qu'une chambre*, je n'aime point à nourrir des fainéans, et je ne trouverai point de valet plus fidèle, plus affectionné à mon service que moi.

TRIVELIN

Je conviens que vous ne serez point en danger de mettre ce domestique -là dehors; mais ne seriez- vous pas sensible au plaisir d'avoir un bon équipage , un

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